Par Charles Muhindo
La libération de 15 détenus transférés de Beni vers Goma, une zone contrôlée par l’AFC/M23, est saluée par les États-Unis et le Qatar, deux acteurs impliqués dans le processus de paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les 15 ex-détenus ont quitté Beni dans la soirée du 6 août 2026 avant d’être remis à l’AFC/M23, dans le cadre des mesures prévues par le processus de paix engagé entre Kinshasa et le mouvement rebelle à Doha.
Washington considère cette libération comme un geste susceptible de permettre aux deux parties de progresser dans leurs discussions. Les États-Unis, qui soutiennent le processus de Doha, estiment que les engagements pris doivent désormais se traduire par des actions concrètes sur le terrain.
« Les États-Unis saluent la libération de 15 prisonniers comme une étape importante dans la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du processus de paix. Cette mesure contribue à renforcer la confiance entre les parties et montre que les engagements pris peuvent être suivis d’actions concrètes. Les États-Unis encouragent Kinshasa et l’AFC/M23 à poursuivre sur cette voie et à mettre en œuvre les autres engagements convenus afin de faire avancer le processus de paix », ont-ils déclaré vendredi.
Le Qatar a également salué cette libération. Doha joue le rôle de médiateur dans les discussions entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Pour les autorités qataries, la libération des détenus constitue l’une des mesures susceptibles de contribuer au rétablissement progressif de la confiance entre les deux parties.
« Le Qatar se félicite de la libération des détenus et considère cette mesure comme une étape importante dans les efforts visant à instaurer la confiance entre les parties. Le Qatar réaffirme son soutien au processus de paix et encourage le gouvernement de la République démocratique du Congo et l’AFC/M23 à poursuivre la mise en œuvre de leurs engagements et à prendre davantage de mesures concrètes susceptibles de contribuer à la consolidation de la paix et de la stabilité dans l’Est de la RDC », indique un communiqué publié vendredi.
Le mécanisme de libération des détenus avait été discuté dans le cadre des négociations de Doha. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est intervenu pour faciliter leur transfert. La remise de ces 15 détenus constitue ainsi l’une des premières mesures concrètes mises en œuvre dans le cadre des engagements pris au cours de ce processus.
Des engagements encore nombreux
Mais beaucoup reste à faire. Les discussions de Doha portent également sur le cessez-le-feu, l’accès humanitaire, la protection des civils, les questions sécuritaires et d’autres aspects liés au règlement du conflit dans l’est de la RDC. La mise en œuvre de ces engagements doit permettre aux parties de passer des déclarations aux actes.
La question des détenus était considérée comme l’un des dossiers permettant de mesurer la volonté des parties de respecter leurs engagements. Leur libération pourrait ainsi contribuer à faciliter la poursuite des discussions, alors que Kinshasa et l’AFC/M23 doivent encore parvenir à des compromis sur plusieurs dossiers sensibles.
Les États-Unis et le Qatar appellent donc les deux parties à poursuivre dans cette direction. Pour Washington comme pour Doha, les prochaines mesures seront déterminantes pour préserver la dynamique du processus et éviter que cette libération ne reste sans effet sur la suite des négociations.
Bien que le processus de Doha connaisse des difficultés et avance lentement, les discussions se poursuivent parallèlement aux efforts engagés dans le cadre de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda. Les deux démarches sont distinctes, mais les États-Unis sont impliqués dans chacune d’elles, avec l’objectif de contribuer à une désescalade de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.













