À deux ans de la fin du second mandat de Félix Tshisekedi, l’UDPS refuse de voir le bilan du pouvoir attribué à son seul parti. Son secrétaire général et président a.i., Augustin Kabuya, rappelle que la RDC est dirigée par une coalition regroupant plusieurs formations politiques.
Par Charles Muhindo
S’exprimant vendredi 7 août devant des militants de l’UDPS à Kinshasa, Augustin Kabuya, secrétaire général et président a.i. du parti, a rejeté l’idée selon laquelle les résultats de la gouvernance depuis 2019 pourraient être attribués à l’UDPS seule.
« Pour que j’accepte que ce soit le régime de l’UDPS, il faudrait que tous les animateurs des institutions acceptent de céder des postes à l’UDPS. Comme ça, je serai d’accord. Nous sommes dans une coalition », a déclaré Augustin Kabuya.
Il a également contesté les critiques présentant la situation actuelle comme un « échec de l’UDPS ».
« Même quand je vois les gens passer sur des plateaux de télévision dire n’importe quoi, raconter des choses, “l’UDPS a échoué”, non », a-t-il déclaré, estimant que la Constitution ne permet pas à un seul parti de contrôler l’ensemble des institutions.
Depuis l’élection de Félix Tshisekedi en 2018 et son entrée en fonction en janvier 2019, l’UDPS est le principal parti auquel est rattaché le chef de l’État. Mais les gouvernements successifs ont également intégré des responsables issus de nombreuses autres formations politiques.
La première partie du mandat avait été marquée par la coalition FCC-CACH, formée entre le Cap pour le changement (CACH), plateforme soutenant Félix Tshisekedi, et le Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président Joseph Kabila. Cette coalition avait pris fin en 2020 après plusieurs mois de tensions entre les deux camps.
Félix Tshisekedi avait ensuite constitué l’Union sacrée de la nation, une nouvelle majorité regroupant plusieurs formations politiques. L’UDPS y côtoie notamment des partis et regroupements issus de différentes sensibilités politiques.
Le gouvernement reste ainsi composé de personnalités provenant de plusieurs formations, tandis que le président conserve ses prérogatives constitutionnelles, notamment dans la nomination des membres du gouvernement.
La question de la responsabilité politique du pouvoir demeure donc liée à la fois au rôle du chef de l’État et à celui des différentes composantes de sa majorité.
La déclaration d’Augustin Kabuya intervient alors que le pouvoir de Félix Tshisekedi aborde les dernières années de son second mandat. Le débat politique porte également sur le projet de réforme constitutionnelle défendu par le pouvoir et sur la perspective d’un dialogue national.
À mesure que se rapprochera la prochaine échéance électorale, le bilan des années Tshisekedi devrait occuper une place croissante dans le débat politique congolais. L’UDPS entend, de son côté, rappeler que la gouvernance du pays depuis 2019 relève d’une majorité politique plus large que le seul parti présidentiel.













