Crise en RDC : à J-5 de l’expiration de l’ultimatum de la C64 sur le dialogue national, que va faire Félix Tshisekedi ?

Crise en RDC : à J-5 de l’expiration de l’ultimatum de la C64 sur le dialogue national, que va faire Félix Tshisekedi ?

À cinq jours de l’expiration de l’ultimatum fixé par la coalition C64, la convocation du dialogue national inclusif reste toujours attendue. Jusqu’à ce lundi 10 août, aucun acte officiel n’est venu confirmer la tenue prochaine de ce forum réclamé par une partie de l’opposition. Le 15 août, date butoir fixée par la C64, approche donc sans que le pouvoir n’ait annoncé de calendrier ni publié l’ordonnance attendue.

Par Charles Muhindo

La pression politique s’était déjà intensifiée au mois de juillet. La C64 avait initialement prévu une grande manifestation le 8 juillet pour réclamer la démission de Félix Tshisekedi. La marche avait ensuite été reportée au 22 juillet. À l’approche de cette nouvelle échéance, l’opposition avait une nouvelle fois décidé d’ajourner son rassemblement.

Entre-temps, Félix Tshisekedi avait accepté le principe d’un dialogue national inclusif, à la suite de ses échanges avec les responsables des confessions religieuses.

Le cardinal Fridolin Ambongo avait alors appelé les opposants à donner une chance au dialogue. Cet appel avait contribué à la décision de reporter une nouvelle fois la manifestation. L’opposition avait accepté de patienter, estimant que les démarches entreprises par les Églises auprès du chef de l’État pouvaient déboucher sur une véritable discussion entre le pouvoir et ses opposants.

Elle avait toutefois posé une condition : la convocation du dialogue devait intervenir au plus tard le 15 août.

À l’approche de cette échéance, les actes attendus ne sont toujours pas intervenus. Cette situation alimente les interrogations au sein d’une partie de la classe politique et de l’opinion. Félix Tshisekedi publiera-t-il l’ordonnance avant le 15 août ? Ou laissera-t-il passer cette date sans donner suite à la demande de la C64 ?

La réponse du chef de l’État dans les prochains jours sera donc particulièrement suivie par les acteurs politiques.

Pour la C64, l’absence de réaction du pouvoir après le 15 août pourrait être difficilement acceptable. Les opposants pourraient estimer avoir fait preuve de bonne foi en reportant leurs manifestations et en accordant une chance au dialogue annoncé. Ils pourraient alors considérer que le pouvoir n’a pas respecté l’engagement attendu et qu’il n’avait, en réalité, pas l’intention d’aller jusqu’à la tenue de ce dialogue.

Dans ce scénario, la reprise des manifestations pourrait revenir à l’ordre du jour. L’opposition pourrait chercher à mobiliser davantage, en faisant valoir qu’elle avait suspendu son action pour donner une chance au dialogue, mais que cet engagement n’aurait pas été suivi d’effets par le camp présidentiel.

Une telle situation pourrait compliquer davantage le climat politique, notamment si les différentes composantes de la C64 décident d’adopter une position commune.

Les confessions religieuses pourraient également être amenées à intervenir de nouveau. Ce sont elles qui avaient appelé l’opposition à privilégier le dialogue et à éviter une confrontation politique. En l’absence d’avancée concrète, leurs responsables pourraient être sollicités pour se prononcer à nouveau sur la situation.

À cinq jours de l’échéance fixée par la C64, l’attention se concentre désormais sur la décision du chef de l’État. La publication de l’ordonnance permettrait au pouvoir de démontrer sa volonté de donner suite à l’engagement pris autour du dialogue. À l’inverse, le dépassement du 15 août sans acte officiel obligerait la C64 à déterminer les suites à donner à son ultimatum.

Le pays pourrait alors renouer avec le climat politique qui prévalait avant les reports des manifestations des 8 et 22 juillet, avec la perspective de nouvelles mobilisations contre le pouvoir de Félix Tshisekedi.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.