Le gouvernement congolais ne reconnaît pas les nouveaux responsables nommés par l’AFC/M23 dans plusieurs établissements publics d’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) à Goma et Bukavu. Dans un communiqué publié lundi 10 août, le ministère de l’ESURSI affirme que ces nominations annoncées le 7 août dernier ne changent rien sur la situation administrative des établissements concernés. Les responsables désignés légalement par l’État congolais restent en place et continuent d’exercer leurs fonctions.
Par Charles Muhindo
Kinshasa prévient également ceux qui tenteraient de donner suite aux décisions de l’AFC/M23. Le ministère de l’ESURSI indique que toute personne impliquée dans l’exécution de ces nominations pourrait être sanctionnée telles que prévues par les lois de la République. Le gouvernement considère en effet que les décisions prises par un mouvement armé ne peuvent pas se substituer à celles des autorités légalement établies.
« Les prétendues nominations effectuées sont nulles et dépourvues de tout effet juridique ou administratif. Les Comités de gestion régulièrement investis demeurent en fonction et conservent l’intégralité de leurs prérogatives », précise le communiqué signé par la ministre de l’ESURSI, Sombo Marie-Thérèse.
Les décisions annoncées concernent notamment l’Institut supérieur de commerce (ISC), l’Institut supérieur des techniques médicales (ISTM), l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) et l’Institut supérieur pédagogique (ISP) à Goma. À Bukavu, sont également concernés l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’Institut supérieur de développement rural (ISDR), l’Institut supérieur des arts et métiers (ISAM) ainsi que l’Université Officielle de Bukavu (UOB).
Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’un premier cas. Le ministère rappelle que des initiatives similaires avaient déjà été constatées à l’ISTM/Bukavu en juin 2025 et à l’Université de Goma en mai 2026. Il estime que ces nouvelles décisions sont une nouvelle tentative d’intervenir dans la gestion des institutions publiques de l’ESU alors que celles-ci restent placées sous l’autorité de l’État congolais.
« Le gouvernement rappelle que l’occupation temporaire d’une partie du territoire national ne confère ni souveraineté, ni compétence administrative, ni pouvoir de nomination. Les établissements publics d’Enseignement Supérieur et Universitaire demeurent des institutions de la République Démocratique du Congo », insiste le ministère de l’ESURSI.
Kinshasa appelle par ailleurs la communauté universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu à rester attachée aux institutions de la République. Le gouvernement assure qu’il entend continuer à protéger les étudiants, les enseignants, les chercheurs et les autres personnels des établissements concernés, tout en veillant à la continuité du service public de l’enseignement supérieur dans les zones concernées.













