Par Charles Muhindo
Les discussions se poursuivent à Kinshasa autour du dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi. Alors que le président congolais s’apprête à prendre la parole dans les prochains jours pour convoquer officiellement ces assises, le pouvoir et les représentants des Églises ne sont toujours pas parvenus à un accord sur les participants à ce processus.
Selon des informations relayées par Jeune Afrique, Félix Tshisekedi a réuni, le 8 août, des représentants de la CENCO et de l’ECC ainsi que plusieurs personnalités impliquées dans les préparatifs du dialogue. Une proposition de feuille de route a notamment été présentée, prévoyant une prise de parole du chef de l’État comme première étape, avant la mise en place d’un comité de pilotage et d’une commission préparatoire.
Mais les Églises souhaitent que le futur dialogue soit davantage inclusif. Elles défendent notamment la participation de l’ancien président Joseph Kabila et de l’AFC/M23, une exigence qui ne fait pas, pour l’instant, l’unanimité au sein du pouvoir. La CENCO et l’ECC craignent également que les futures assises soient orientées principalement vers les intérêts du camp présidentiel.
En réponse au schéma présenté lors de la réunion du 8 août, les représentants des deux principales confessions religieuses ont transmis une contre-proposition, le 11 août, à l’entourage de Félix Tshisekedi. Cette démarche intervient alors que les discussions doivent également tenir compte de la position de l’opposition réunie au sein du C64, qui réclame un dialogue véritablement inclusif et avait accepté de reporter ses manifestations prévues en juillet afin de laisser une chance aux négociations.
La question de la convocation officielle devient désormais urgente. D’après Jeune Afrique, plusieurs sources estiment que l’annonce de Félix Tshisekedi pourrait intervenir avant la fin de cette semaine. Le chef de l’État pourrait ainsi annoncer officiellement le lancement du processus avant le 15 août, date fixée comme échéance par l’opposition.
La rencontre du 10 août entre Félix Tshisekedi et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, intervient également dans ce contexte. Selon Jeune Afrique, le président du Congo-Brazzaville suit de près les discussions et cherche à encourager l’aboutissement du processus de dialogue, afin d’éviter une nouvelle crise politique en RDC, qui pourrait avoir des répercussions sur son pays.
Pour l’instant, l’enjeu n’est donc plus seulement de savoir si le dialogue aura lieu, mais surtout avec qui et selon quelles règles. La prochaine prise de parole de Félix Tshisekedi devrait permettre de connaître les contours retenus par la présidence et de déterminer dans quelle mesure les revendications des Églises et de l’opposition seront prises en compte.













