Le territoire de Wamba, dans la province du Haut-Uélé, fait face à une situation préoccupante marquée par la progression de la maladie à virus Ebola et la persistance de l’insécurité. Des acteurs locaux appellent les autorités nationales à renforcer simultanément la riposte sanitaire et le dispositif sécuritaire.
La situation sanitaire constitue l’une des principales préoccupations. Sur les 13 zones de santé que compte le territoire, six seraient fortement affectées par l’épidémie d’Ebola. À Pawa, 17 des 19 cas confirmés recensés seraient décédés, selon les informations contenues dans le plaidoyer présenté aux autorités.
Face à cette situation, le député national André Lite est interpellé sur la nécessité d’une implication accrue des autorités nationales dans la gestion de cette crise sanitaire et sécuritaire.
Selon le plaidoyer, le territoire ne disposerait pas actuellement d’un centre de prise en charge répondant aux normes requises. Cette situation suscite des inquiétudes alors que les autorités territoriales ont déjà pris des mesures visant à limiter les déplacements, notamment avec la fermeture de certains points de passage.
La situation sécuritaire constitue un autre obstacle à la lutte contre Ebola. Le territoire de Wamba reste exposé à la menace des groupes armés, notamment les ADF, selon des témoignages rapportés par des acteurs locaux.
Dans un message adressé au député national André Lite, l’abbé Dieumerci, aumônier diocésain du CALCC, évoque plusieurs zones affectées par les violences. Il cite notamment Sukanamboka, à Mungbere, ainsi que Betongwe et Sele-Sele.
Le témoignage fait également état de civils et d’écoliers qui auraient été retenus ou portés disparus dans certaines zones. Il attribue aussi aux ADF l’assassinat du chef Mamboli et de ses enfants dans le groupement Bedegawo, ainsi que la mort de 21 personnes dans la même contrée.
Ces accusations doivent toutefois être établies par les autorités compétentes et les enquêtes appropriées.
La gestion des barrières installées pour contrôler les mouvements dans le cadre de la riposte contre Ebola suscite également des critiques.
Selon les témoignages transmis au député André Lite, certains militaires affectés à ces dispositifs exigeraient de l’argent aux voyageurs. Les montants évoqués vont de 5.000 à 100.000 francs congolais, selon les personnes concernées.
Ces accusations, qui nécessitent des vérifications, concernent notamment des automobilistes, motocyclistes et cyclistes.
De nouvelles accusations visant certains éléments des forces de sécurité sont également rapportées. Elles concernent notamment des faits présumés de rançonnement, de violences sexuelles, de pillages, de vols, d’assassinats et d’indiscipline.
À Mungbere, un infirmier aurait été tué alors qu’il se trouvait en service à l’hôpital. À Apodo, des cas présumés de violences sexuelles sont signalés. Un enfant aurait également été tué alors qu’il tentait de défendre sa mère contre une agression sexuelle.
Des accusations similaires sont rapportées à Mekoko et dans plusieurs villages environnants.
Ces faits restent à vérifier. Leur gravité appelle des enquêtes indépendantes et crédibles afin de déterminer les circonstances des incidents et les responsabilités éventuelles.
Un meurtre signalé à Wamba-Centre
Un autre incident est rapporté dans la nuit du samedi 22 août, vers 23 heures, dans le quartier Gbadi, sur l’avenue Yangala, à Wamba-Centre.
D’après le témoignage transmis aux autorités politiques, un jeune homme aurait été tué alors qu’il tentait de porter secours à une fille qui aurait été agressée sexuellement à son domicile par un militaire.
Les circonstances exactes de cet incident restent à établir. Une enquête permettrait notamment de déterminer les faits, leur déroulement et les éventuelles responsabilités.
Au-delà des faits rapportés, la situation de Wamba pose la question du contrôle exercé sur les forces déployées dans le territoire.
Les acteurs locaux demandent à la hiérarchie militaire de renforcer la discipline et de sanctionner, le cas échéant, les éléments reconnus coupables d’abus.
Le plaidoyer signale également l’abandon présumé de certains axes stratégiques, notamment Injo, Kpulu et Agyabalekpata. Selon le témoignage, cette situation pourrait faciliter les mouvements des groupes armés.
Les acteurs locaux réclament ainsi une présence militaire plus effective dans les zones exposées aux violences.
Une réponse coordonnée attendue
À Wamba, les difficultés sanitaires et sécuritaires se renforcent mutuellement. L’insécurité complique les déplacements et la riposte contre Ebola, tandis que certaines pratiques dénoncées aux barrières sanitaires risquent d’affaiblir la confiance de la population.
Les autorités nationales sont appelées à renforcer les moyens de la riposte contre Ebola, améliorer la protection des civils, intensifier la lutte contre les groupes armés et assurer le respect de la discipline au sein des forces de défense et de sécurité.
Pour les acteurs à l’origine du plaidoyer, l’urgence consiste désormais à apporter une réponse concrète aux populations de Wamba, confrontées simultanément à une crise sanitaire et à l’insécurité.













