RDC : le gouvernement adopte un plan global de lutte contre les érosions

RDC : le gouvernement adopte un plan global de lutte contre les érosions

Par Emmanuel Medina

Le Conseil des ministres de la République démocratique du Congo a adopté, vendredi 28 août 2026, une feuille de route nationale de lutte anti-érosive. Porté initialement par le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP), le dossier a été défendu devant l’exécutif par le ministre de l’Aménagement du territoire. L’annonce officielle a été faite sur la télévision nationale par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe.

Cette nouvelle politique publique vise à apporter une réponse structurelle et durable à une menace environnementale qui fragilise de nombreuses agglomérations du pays. Pour faire face à l’urgence tout en bâtissant des solutions pérennes, le gouvernement congolais segmente ses interventions en trois phases distinctes :le court terme de 0 à 1 an: l’urgence opérationnelle
La priorité immédiate est accordée à la stabilisation des érosions actives menaçant les infrastructures existantes. Cette phase prévoit la reprise des chantiers actuellement à l’arrêt, la finalisation des projets déjà engagés et l’aménagement prioritaire de collecteurs principaux de drainage, suivi du moyen terme de 1 à 2 ans pour une Planification et réglementation. Cette étape sera consacrée à la réalisation d’études globales sur le drainage urbain et à l’élaboration de plans directeurs pour les villes majeures. Une attention particulière sera portée aux bassins versants à haut risque, particulièrement à Kinshasa. En parallèle, le gouvernement prévoit de mettre à jour les textes réglementaires régissant l’occupation des sols pour limiter l’urbanisation sauvage et enfin le long terme de 2 à 10 ans: pour les grands travaux, la phase finale verra le déploiement d’un grand programme décennal de lutte anti-érosive. Elle se matérialisera par la construction progressive de réseaux de drainage structurants et de grands ouvrages d’assainissement, à l’instar de bassins de rétention des eaux pluviales.

L’exécution fluide de ce plan repose sur l’obtention de garanties financières et d’une meilleure gouvernance technique. Le ministère des Infrastructures et Travaux publics a ainsi formulé trois requêtes validées par le Conseil : la reconnaissance officielle de l’urgence nationale de la problématique des érosions, l’octroi immédiat d’un préfinancement pour lancer les chantiers de court terme et l’inscription progressive de lignes budgétaires complémentaires dans les prochaines lois de finances.

Par ailleurs, face au cloisonnement administratif historique, le gouvernement s’engage à renforcer la coordination entre toutes les administrations sectorielles impliquées dans la gestion de l’espace urbain et du drainage.

Au-delà des aspects purement techniques, l’exécutif insiste sur la dimension humaine et économique de ce dossier. La lutte contre les érosions est désormais qualifiée d’« impératif de sécurité publique ». Pour les autorités, l’enjeu direct est d’assurer la protection des populations civiles face aux glissements de terrain, tout en préservant les investissements matériels et les infrastructures routières du pays contre les dégradations climatiques.

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