Le 1er septembre approche, mais la reprise des cours ne fait pas encore l’unanimité dans le Nord-Kivu. Les autorités éducatives maintiennent la rentrée scolaire à cette date, malgré la maladie à virus Ebola qui fait de nombreuses victimes dans plusieurs zones de la région. Mais du côté des enseignants, la situation est différente.
Par Charles Muhindo
À Butembo, les responsables de l’éducation et de la santé ont confirmé le 25 août dernier que les écoles devront ouvrir à la date prévue. Des mesures de prévention contre Ebola sont prévues, notamment le lavage des mains, la prise de température et le respect des gestes barrières. Au niveau national, le ministère de l’Éducation a également maintenu la rentrée du 1e septembre, avec un dispositif différent selon les zones touchées par l’épidémie.
Mais, chez les enseignants, les préoccupations sont ailleurs. Le SYECO réclame depuis plusieurs mois la réponse à ses revendications au sujet de l’amélioration de leur salaire. À Butembo, le syndicat a notamment dénoncé le non-paiement de plusieurs enseignants et l’absence d’une suite favorable à ses demandes.
« Il s’agit notamment du paiement de nouvelles unités, de l’augmentation de leur salaire, de la suppression des zones salariales et du virement des enseignants dans la fonction publique », a indiqué, mercredi dernier, le secrétaire permanent du SYECO, Benito Mughaso.
La situation est similaire à Beni. Réunis en assemblée extraordinaire le même mercredi 26 août, les enseignants du SYECO ont décidé d3 déclencher une grève illimitée. Ils demandent notamment le paiement des enseignants repris sur le listing de juin et la prise en charge des nouvelles unités. Ils évoquent aussi la question sanitaire.
« Nous avons aussi soulevé la question de la sécurité sanitaire dans les écoles. Avec les risques liés à la maladie à virus Ebola, nous estimons qu’il est nécessaire que des mesures de prévention soient prises pour protéger les enseignants, les élèves et l’ensemble de la communauté scolaire », ont-ils déclaré.
Pour le syndicat, il ne s’agit donc pas simplement de refuser la reprise des cours. Les enseignants veulent des réponses au sujet de leurs conditions de travail, mais aussi des garanties face à la maladie d’Ebola.
« Nous ne pouvons pas reprendre les cours comme si de rien n’était sans que les dispositions nécessaires soient mises en place », ont-ils insisté à Beni.
Ils affirment par ailleurs que leur mouvement ne vise pas à empêcher les enfants d’étudier, mais à obtenir des conditions de travail qu’ils jugent acceptables et sûres.
À Butembo, le SYECO se réunira encore le 31 août pour donner sa position définitive au sujet de la rentrée. À Beni, en revanche, la grève est déjà annoncée. À quelques jours du 1e septembre, les autorités maintiennent la date mais la vraie question reste celle de la présence effective des enseignants dans les salles de classe ce 1e septembre là.












