Le ministère des Mines réagit aux interpellations des ONG sur la gestion du dossier de la pollution des quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe par l’entreprise chinoise Congo Dongfang Mining (CDM), une année après les catastrophes environnementales causées par le déversement des eaux usées du bassin de rétention.
Par Patient MBY
Dans un communiqué daté du vendredi 6 novembre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a rappelé les mesures restrictives prises par le gouvernement à la suite de la pollution. L’entreprise CDM, appartenant au groupe Zhejiang Huayou Cobalt, a été suspendue pendant trois mois, alors que les enquêtes de la Commission d’investigation chargée d’établir les circonstances de l’incident, d’en évaluer les conséquences et de formuler des recommandations appropriées se poursuivaient.
L’entreprise a également été contrainte de payer une pénalité de 6,6 millions USD au Trésor public, de prendre en charge médicalement 612 personnes, d’indemniser individuellement 423 personnes, d’assister 350 ménages dans les jours suivant l’incident et de dépolluer les zones et les puits identifiés comme contaminés.
L’entreprise devait également payer 6 millions de dollars de réparations, dont 2 millions de dollars américains pour chacun des trois quartiers touchés. Le processus de réparation, précise ce communiqué, a connu un retard à la suite de l’arrêt des opérations de l’entreprise, lié aux difficultés de sa trésorerie. Toutefois, « les difficultés financières ou l’arrêt des activités de l’opérateur ne sauraient le soustraire à ses obligations de réparation envers les populations affectées. Les engagements pris doivent être honorés », insiste ce document.
Le ministère des Mines souligne que « la mise en œuvre de cet engagement nécessite la révision du cahier des charges de l’entreprise afin d’y intégrer formellement le quartier Kamisepe, omis lors de son élaboration initiale ».
Louis Watum Kabamba rejette toute responsabilité « individuelle » dans la gestion du dossier et rappelle la contribution de la Commission d’investigation et des représentants de la société civile locale, ainsi que les mesures engagées par les institutions compétentes.
Le 4 novembre dernier, une année après le déversement des eaux contenant de l’acide dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, dans la commune Annexe à Lubumbashi, les ONG, notamment l’Institut de recherche sur les droits humains (IRDH), avaient appelé l’Assemblée nationale à interpeller le ministre des Mines sur la gestion de la pollution attribuée à CDM.
Selon Maître Hubert Tshiswaka Masoka, coordonnateur de l’IRDH, qui accuse Louis Watum Kabamba de complaisance, aucune revendication des populations victimes de la pollution n’a été satisfaite, alors que l’entreprise a repris ses activités minières, en violation des conditions préalables exigées par le gouvernement.












