Par Emmanuel Medina
Le bras de fer politique se durcit en République démocratique du Congo. Au lendemain de l’annonce par le président Félix Tshisekedi d’un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », la Coalition Article 64 (C64) a officiellement exprimé son refus d’adhérer à un processus qu’elle juge taillé sur mesure pour le pouvoir en place. Ce vendredi 28 août 2026, la plateforme de l’opposition a réitéré son appel à une mobilisation générale le 15 septembre prochain pour faire barrage à toute tentative de modification constitutionnelle.
Pour les membres de la C64 qui regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga , le format proposé par le chef de l’État ne garantit aucune impartialité. Delly Sesanga a d’ores et déjà annoncé qu’il ne participerait pas à ce qu’il qualifie de « dialogue corseté », dénonçant le fait que Félix Tshisekedi veuille piloter lui-même un processus dont il est l’une des parties prenantes.
L’opposition critique particulièrement l’absence d’un tiers médiateur neutre, alors que les Églises représentées par Cenco et ECC, traditionnelles passerelles de médiation, semblent avoir été écartées de la conduite des assises au profit d’un comité de pilotage interne à la présidence.
Le rejet de ces consultations s’accompagne d’une confirmation de l’offensive de rue. La C64 maintient l’organisation d’une marche pacifique nationale le 15 septembre 2026, date correspondant à la rentrée parlementaire. À Kinshasa, les manifestants prévoient de converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, pour dire « non » à tout changement de Constitution ou recours au référendum.
La coalition estime que toute velléité de réforme constitutionnelle à ce stade n’a pour but que d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi, en contournant les verrous des articles 70 et 220. Elle appelle le peuple congolais à la vigilance et à la mobilisation pour protéger ce qu’elle nomme le pacte républicain.
La position de la C64 est largement partagée par d’autres plateformes. Des réunions d’urgence ont été convoquées avec les partenaires de Lamuka et de l’ADD Congo de prince Epenge l’un des lieutnant de Martin Fayulu pour harmoniser une ligne de conduite commune face à l’initiative présidentielle. Prince Epenge, cadre de la coalition, a prévenu que l’opposition ne soutiendra aucune entreprise périlleuse susceptible de trahir les intérêts de la population.
Alors que le pouvoir prévoit de lancer ses consultations dès les prochaines heures dans les 26 provinces, la réponse de l’opposition laisse présager une rentrée politique sous haute tension, où la rue pourrait devenir le principal terrain de contestation du projet présidentiel.











