Les relations entre la République démocratique du Congo et la République du Congo se dégradent progressivement autour du fleuve Congo. Après des échanges de tirs entre les forces armées des deux pays, ayant fait plusieurs morts des deux côtés vendredi 28 août à Makotimpoko, d’autres incidents ont été signalés, notamment à Bétou, ravivant les inquiétudes sur une éventuelle escalade des hostilités.
Par Patient MBY
Alors que les deux ministres des Affaires étrangères s’étaient rapprochés pour apaiser diplomatiquement les tensions, les relations restent fragiles entre les FARDC et l’armée brazzavilloise, et la tension monte d’un cran au sein de la population. À Bétou, une localité située dans le département de la Likouala, les maisons d’habitation appartenant aux ressortissants congolais ont été brûlées par la population brazzavilloise.
D’après plusieurs sources, cette situation fait suite à l’incident impliquant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville, André Oko Ngakala, et la politique de la RDC à Kinshasa. Selon le récit, ce magistrat avait été brièvement interpellé, placé en garde à vue, puis relâché, dans le cadre d’une affaire liée à l’immobilier.
Cette interpellation a suscité la colère et l’indignation des Congolais de Brazzaville, qui ont procédé à l’incendie systématique des maisons de ressortissants de Kinshasa. Selon les médias locaux, ces derniers font l’objet de menaces et d’accusations mutuelles de violences. Sur les réseaux sociaux, une nouvelle dynamique d’altercation voit le jour. Les citoyens de ces deux pays frères s’affrontent mutuellement dans le cyberespace.
Les tensions sécuritaires risquent d’aboutir à une escalade des conflits entre les deux pays. À ce stade, des observateurs estiment que Kinshasa et Brazzaville doivent activer le volet diplomatique et apaiser les tensions avant d’enregistrer de lourdes conséquences.
Dans un contexte marqué par l’occupation d’une partie de l’Est du pays par l’AFC-M23, soutenu par le Rwanda, Kinshasa devrait préserver ses relations de bon voisinage avec Brazzaville, pour éviter une éventuelle guerre qui se couplerait à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.












