Dans une correspondance adressée au ministère du portefeuille, le Conseil d’administration de la compagnie congolaise déplore la situation de crise dans laquelle se trouve l’entreprise Congo Airways. Alors que 23 millions USD ont été mobilisés en moins de deux ans, aucun avion n’est opérationnel, note-t-il.
Par Charles Muhindo
Cette situation est liée, selon ce document, à la mauvaise gestion du directeur général Alexandre Mukendi, qui malgré les fonds mobilisés pour la reprise des activités, la compagnie peine à se relancer.
D’après le Conseil d’administration, plus de 23 millions USD ont été générés entre février 2025 et juillet 2026. Cette somme provient notamment des appuis du gouvernement, des fonds obtenus grâce aux nantissements de la CNSS et des recettes tirées de la location de deux avions auprès de KLASJET. Cependant, après la fin du contrat avec la compagnie lituanienne en avril 2025, Congo Airways n’a plus effectué le moindre vol commercial, les avions restent et la relance annoncée tarde toujours à se concrétiser.
Le conseil d’administration s’inquiète de la gestion des locations d’avions. Un Airbus A320 loué à de 3 millions de dollars auprès d’ALLEGiance aurait passé plusieurs mois immobilisé à l’aéroport de N’Djili sans effectuer un seul vol, indique-t-il. À en croire le Conseil, un autre appareil loué auprès de l’International Air Leases avec une garantie de 255 000 USD n’a toujours pas été réceptionné.
Par ailleurs, l’Airbus A320-200, loué à 1,41 million USD auprès de la compagnie Jordan Aviation n’a pas encore été livré. Face à ces griefs, une commission interne a été mise en place pour examiner ce dossier, selon la même source.
Pour le PCA de Congo-Airways, Jean-Bertrand Ewanga, ces différentes opérations mettent en lumière les difficultés qu’éprouvent la direction actuelle à utiliser les ressources disponibles pour remettre Congo Airways en marche. Il évoque notamment le gaspillage des moyens et l’incapacité à relancer la compagnie. Jusqu’à la rédaction de ces lignes, la direction générale n’a pas encore réagit face à ces allégations.
Entre-temps, les agents traverse une situation jugée difficile, avec au moins 28 mois d’arriérés de salaires et l’absence de la prise en charge médicale. Dans plusieurs familles, les difficultés financières affectent la scolarité. Plusieurs parents travaillant au sein de Congo Airways ont affirmé être confronté au manque de moyens nécessaires pour organiser la rentrée scolaire de leurs enfants.
Jeudi 10 septembre, des cadres et agents de Congo Airways ont manifesté devant la Primature pour exiger le départ de l’équipe dirigeante. Les manifestants avait amené un cercueil et une photo du directeur général, avec une croix pour exprimer leur ras-le-bol.
Malgré plus de 23 millions de dollars évoqués par le Conseil d’administration, Congo Airways ne possède toujours pas un avion en activité. Une entreprise qui occupait une place importante dans le transport aérien congolais se retrouve en faillite, entre difficultés logistiques et impaiement des agents.
La question est donc de savoir où sont passés les moyens consacrés à la relance de Congo Airways et pourquoi ils n’ont pas permis à la compagnie de reprendre ses vols. Il revient désormais aux autorités de suivre de près tous ces dossiers soulevés par le Conseil d’administration, d’entendre les responsables et de tirer les conséquences. Car, pendant que les accusations de mauvaise gestion se multiplient, le « Léopard volant » ne vole toujours pas.













