La France multiplie les démarches diplomatiques pour éviter un retrait de la République démocratique du Congo de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), si la Rwandaise Louise Mushikiwabo est réélue pour un 3e mandat. Selon des informations de Jeune Afrique, Félix Tshisekedi aurait averti les autorités françaises que son pays pourrait quitter l’OIF en cas de réelection de la secrétaire générale sortante. Le président congolais aurait notamment fait part de cette position au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, reçu à Kinshasa le 2 octobre dernier.
Par Charles Muhindo
D’après le magazine, Félix Tshisekedi aurait même clairement indiqué que la RDC se retirerait de l’OIF si Louise Mushikiwabo obtenait un nouveau mandat. Cette menace inquiète Paris, qui tient à éviter une rupture avec Kinshasa. La RDC compte plus de 100 millions de francophones sur les quelque 350 millions au sein de l’OIF. Son retrait serait ainsi une perte importante pour la Francophonie.
Pour éviter cette situation, Emmanuel Macron aurait proposé à son homologue congolais de reporter l’élection d’un ou deux ans et de maintenir Louise Mushikiwabo à son poste pendant cette période. Félix Tshisekedi aurait rejeté cette proposition. Selon Jeune Afrique, les autorités françaises ont également multiplié les rencontres avec des responsables congolais, dont Crispin Mbadu, ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora, ainsi qu’avec des interlocuteurs rwandais pour examiner différentes possibilités.
Pendant ce temps, Kinshasa continue de soutenir la candidature de Juliana Amato Lumumba, fille du premier Premier ministre congolais Patrice Emery Lumumba. Elle est face à Louise Mushikiwabo, l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș et la Mauritanienne Coumba Ba.
Cependant, la candidature de Juliana Lumumba ne fait pas l’unanimité dans certains milieux diplomatiques, selon la même source. Plusieurs interlocuteurs interrogés par Jeune Afrique ont exprimé des réserves sur son expérience récente dans la gestion des institutions internationales et sa connaissance du fonctionnement de l’OIF. Malgré ces difficultés, Kinshasa poursuit sa campagne et cherche à obtenir d’autres soutiens’
Une autre option aurait également été envisagée par les autorités congolaises : soutenir un autre candidat si Juliana Lumumba ne parvenait pas à réunir suffisamment de voix. L’objectif serait, dans ce cas, d’empêcher un troisième mandat de Louise Mushikiwabo. Dans cette hypothèse, le Roumain Dacian Cioloș ou la Mauritanienne Coumba Ba pourraient bénéficier d’un éventuel soutien de la RDC.
Le prochain secrétaire général de l’OIF sera désigné les 15 et 16 novembre 2026, lors du sommet de Phnom Penh, au Cambodge. Pour la première fois dans l’histoire de l’organisation, les chefs d’État et de gouvernement devront départager les candidats par un vote formel. La France aurait souhaité parvenir à un consensus avant le sommet, mais aucun de 4 candidats ne semble prêt à se retirer.
À quelques jours du vote, Paris cherche donc à éviter 2 conséquences : une confrontation diplomatique avec Kigali autour de la succession de Louise Mushikiwabo et, surtout, un départ de la RDC de la Francophonie, note Jeune Afrique.












