Par pierre Kabakila
Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la femme, célébrée chaque 8 mars, la rédaction de REPORTER.CD vous présente une âme dévouée, dont la vocation, bien plus qu’une profession, est un engagement profond envers les plus vulnérables. Il s’agit de Dr Hélène Mahenzi, médecin et chercheuse clinique engagée, dont le travail acharné au sein de l’organisation de recherche à but non lucratif, Initiatives médicaments contre les maladies négligées (DNDi) , notamment la trypanosomiase, communément appelée maladie du sommeil.
Elle a fait ses études à l’UNIKIN et s’est spécialisée à l’école de santé publique. Elle dit avoir choisi d’étudier la médecine pour résoudre les problèmes de santé publique. Elle a travaillé avec des populations démunies. Elle a débuté à l’hôpital général de Bandundu, où elle a exercé pendant dix ans en tant que médecin, avant de rejoindre DNDi en 2012.
Une vocation née de l’expérience
Médecin de formation, Dr Mahenzi a passé une grande partie de sa carrière à travailler en milieu rural, où elle a été témoin des souffrances des communautés face à des maladies souvent ignorées. C’est cette expérience qui a façonné son désir de sauver des vies et d’apporter des soins aux plus démunis.
La maladie du sommeil touche principalement les populations les plus pauvres, souvent isolées et sans accès aux soins. Dr Mahenzi a commencé à s’occuper des patients atteints de cette maladie, partageant leurs préoccupations et leur détresse, ce qui a renforcé sa détermination à trouver des solutions.
« La première chose, je suis médecin de formation. Notre rôle, c’est de sauver des vies. Mon objectif, en travaillant en brousse était de comprendre pourquoi la population souffrait pour accéder aux soins. J’ai commencé à m’occuper des cas des vulnérables, comme la maladie du sommeil. Dans le passé, le traitement que nous avions pour la trypanosomiase était très toxique. Quand je m’approchais d’eux, je partageais leurs soucis », a-t-elle raconté.

La rencontre avec DNDi : un tournant décisif
L’histoire de DNDi a débuté avec la volonté de développer des médicaments pour les patients atteints de maladies négligées. Dr Mahenzi a vu dans cette initiative une opportunité de contribuer activement à la recherche et au développement de traitements adaptés contre la trypanosomiase, un défi qu’elle a décidé de relever avec passion.
« Avec cette compassion pour les plus démunis, il était important pour moi de me lancer dans cette recherche pour trouver une solution pour les malades du sommeil. C’est ainsi que je me suis engagée dans la recherche », déclare-t-elle.
Au sein de DNDi Dr Mahenzi a participé à plusieurs projets innovants visant à améliorer le traitement de la maladie du sommeil. Grâce aux efforts conjoints de l’équipe, des avancées significatives ont été réalisées, témoignant d’un engagement collectif envers la santé des populations touchées.
En tant que femme dans un domaine souvent dominé par les hommes, Dr Mahenzi a dû surmonter de nombreux obstacles. Elle évoque les préjugés liés au genre et les attentes sociétales qui peuvent freiner l’engagement des femmes dans des carrières scientifiques exigeantes.
« En tant que femme, on pense souvent qu’il existe des métiers réservés aux hommes, car la recherche prend beaucoup de temps. Il faut se déplacer fréquemment et être constamment en mouvement. On considère que la femme doit rester à la maison. Voilà le défi : tous les obstacles liés aux déplacements, en tant que maman, avec un travail chargé, se consacrer toute la journée à son travail. », explique-t-elle.
Un modèle pour les jeunes femmes scientifiques
Dr Mahenzi est un modèle pour les jeunes femmes qui aspirent à une carrière scientifique. Elle les encourage à suivre leur passion et à ne pas se laisser décourager par les obstacles. « Nous sommes là pour la population », rappelle-t-elle, soulignant le rôle crucial des femmes dans le domaine de la santé.
La sensibilisation : une arme essentielle
Pour lutter efficacement contre la maladie du sommeil, Dr Mahenzi insiste sur l’importance de la sensibilisation. « Beaucoup de gens n’ont pas l’information. S’ils sont informés, ils chercheront des soins », déplore-t-elle. Elle appelle également le gouvernement congolais à investir davantage dans la recherche afin de réduire la dépendance à l’aide extérieure.
L’élimination de la maladie du sommeil : un objectif ultime
Son objectif ultime est d’éliminer la maladie du sommeil et d’apporter des traitements accessibles aux populations les plus démunies. Elle souhaite également contribuer à la recherche sur d’autres maladies négligées, comme la leishmaniose, onchocercose etc.., afin d’améliorer la santé des populations vulnérables à travers le monde. « J’aimerais apporter au monde scientifique les connaissances nécessaires pour développer encore plus de médicaments pour toutes les maladies », a-t-elle déclaré.
Elle lance un appel vibrant aux gouvernements pour qu’ils allouent davantage de moyens à la recherche. « Aujourd’hui, nous tendons tous la main vers l’extérieur », constate-t-elle, soulignant l’urgence de renforcer les capacités de recherche locales. Dr Mahenzi aspire à laisser un héritage durable à la science en contribuant au développement de médicaments innovants pour toutes les maladies négligées. Son travail est un témoignage de l’impact que les femmes scientifiques peuvent avoir sur la santé mondiale.
Une source d’inspiration pour tous
Son parcours est une source d’inspiration pour tous ceux qui croient en la possibilité d’un monde plus juste et plus sain. Dr Mahenzi incarne l’espoir et la.
détermination, rappelant que même les défis les plus insurmontables peuvent être relevés avec courage et compassion. Elle est la voix de ceux qui n’ont pas la force de se faire entendre, le visage humain de la recherche médicale. Son engagement indéfectible envers les plus vulnérables est un exemple pour tous.













