Un premier groupe de migrants expulsés des États-Unis est arrivé à Kinshasa ce vendredi 17 avril 2026, marquant le début effectif de la mise en œuvre d’un accord migratoire entre la République démocratique du Congo et Washington.
Par Gédéon ATIBU
L’avion a atterri à l’aéroport international de N’djili, dans la partie Est de la capitale. Selon plusieurs sources proches de l’aéroport, cette première vague est composée d’une quinzaine de personnes, principalement des ressortissants non africains, notamment du Pérou et de l’Équateur. Ces personnes ont été renvoyées du territoire américain et redirigées vers la RDC dans le cadre d’un accord présenté comme temporaire par les autorités congolaises.
Ce séjour que le gouvernement qualifie d’accueil transitoire, consiste à héberger ces migrants pour une durée limitée avant leur retour vers leurs pays d’origine, a-t-on rapporté. Kinshasa insiste sur le fait que ces personnes ne sont pas appelées à s’installer longtemps dans le pays. Chaque dossier est traité individuellement et des contrôles sont effectués avant leur arrivée afin de limiter les risques, notamment sur le plan sécuritaire. Selon certaines informations, leur prise en charge pourrait se faire dans des zones situées à la périphérie de la capitale, notamment dans les communes de N’sele et de Maluku, où un encadrement administratif et humanitaire est prévu. Les autorités affirment également que ce programme ne pèsera pas sur les finances publiques, les coûts étant pris en charge par des partenaires internationaux spécialisés dans la gestion des migrations.
Malgré ces assurances, ce dossier reste très sensible et continue de susciter des réactions dans le pays. Plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile dénoncent un manque de clarté autour de cet accord, notamment sur le nombre total de migrants concernés, la durée exacte de leur séjour et les conditions de leur encadrement. Des initiatives ont déjà été faites pour exprimer l’opposition à cette démarche. Au niveau du Parlement, le gouvernement a même été appelé à fournir des explications détaillées, alors que certains députés demandent des réponses précises sur les aspects sécuritaires, humanitaires et même financiers de ce partenariat.
En attendant ces éclaircissements, des sources évoquent déjà la possibilité d’autres arrivées dans les prochains jours, ce qui laisse penser que cette première vague ne sera pas la dernière. Le gouvernement, de son côté, continue de défendre une initiative qu’il présente comme un acte de coopération internationale et de solidarité, tout en assurant que tout est sous contrôle. Mais dans l’opinion publique, les inquiétudes persistent et le débat reste ouvert autour de ce dossier jugé sensible dans le contexte sécuritaire actuel du pays.













