Par Gédéon ATIBU
Après la récente arrivée de migrants venus d’Amérique latine (Pérou, Colombie et Équateur), une autre vague pourrait suivre. Cette fois, il s’agirait de plus de 1 100 Afghans. Parmi eux, on retrouve d’anciens militaires, des interprètes et des personnes qui ont travaillé avec les forces américaines. Cette annonce bien qu’encore non officielle aussi bien à Washington qu’à Kinshasa fait parler la toile congolaise.
D’après des informations relayées par le New York Times, ces Afghans vivent actuellement au Qatar, où ils attendent depuis plus d’un an. Ils avaient été évacués en 2021 après la prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan pour éviter des représailles. Mais aujourd’hui, leur situation n’est jamais résolue. Le camp qui devait être un lieu de passage pour eux est devenu un espace de longue attente. On y trouve aussi des familles, avec plus de 400 enfants, indique la même source.
Selon The New-York Times, certaines organisations humanitaires expliquent que ces personnes pourraient être obligées de faire un choix difficile : être envoyées en RDC ou retourner en Afghanistan à leurs risques et périls. C’est pourquoi l’idée d’un transfert vers la RDC serait en étude à Washington afin que la possible d’un transfert vers le Congo soit acté, éventuellement avec l’accord des autorités congolaises. Mais, cela inquiète. Des voix s’élèvent pour dire que le pays n’est pas prêt à accueillir un groupe aussi imprévisible, surtout dans le contexte actuel.
En effet, la RDC traverse déjà une situation compliquée sur le plan humanitaire et sécuritaire. Des centaines de milliers des déplacés (y compris même des réfugiés) sont sur son territoire. Dans l’est du pays, les violences continuent et plusieurs camps de déplacés ont même déjà été attaqués. L’arrivée de nouveaux migrants, surtout en grand nombre, ayant à leur sein d’ex-soldats, pourrait aggraver une situation déjà délicate.
En plus de cela, beaucoup de zones d’ombre entourent cet accord migratoire entre Kinshasa et Washington. Les détails ne sont pas clairs et le gouvernement congolais reste toujours évasif sur le dossier comme cela a même été observé lors du dernier passage de Judith Suminwa sur TV5. On ne sait pas exactement combien de personnes pourraient être concernées par l’accord, ni comment leur séjour sera organisé, surtout qu’au lendemain de la première vague de 15 migrants, Kinshasa a aussitôt appelé l’OIM à l’aide. Ce manque d’informations ne fait qu’inquiéter aussi bien dans la classe politique que dans la société civile.
Pour l’instant, aucune position officielle n’a été donnée par les autorités congolaises sur l’arrivée possible de ces Afghans. Du côté américain, la question est maintenant sur la table selon notre source, mais rien n’est encore confirmé. Malgré cela, beaucoup pensent qu’une nouvelle vague de migrants pourrait arriver comme l’a si bien confirmée la cheffe du gouvernement dans sa récente interview sur le média français.













