Par Charles Muhindo
Les attaques contre les civils sont devenues récurrentes dans la partie du parc national des Virunga contrôlée par la coalition AFC/M23, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Sur les axes Kibirizi-Rwindi et Vitshumbi-17 Km, les voyageurs sont régulièrement victimes d’enlèvements et de pillages.
Trois personnes, dont deux motocyclistes, ont encore été kidnappées dimanche dernier dans cette zone, selon une source locale. D’après les informations rapportées à ce sujet, les ravisseurs réclameraient une rançon de 2 000 dollars pour obtenir la libération de chacune des personnes enlevées.
« Entretenir une rébellion et être incapable de payer leurs soldes, c’est la population qui paie les conséquences. Depuis lundi matin, ces kidnappeurs du M23 exigent 2 000 dollars à chacun pour une libération. La guerre n’est pas bonne. Finissez vite cette barbarie pour que nos populations puissent vivre dans la quiétude », dénonce un acteur politique originaire de Rutshuru.
Les enlèvements ne sont pas nouveaux sur ce tronçon. Depuis plusieurs mois, des cas similaires sont signalés dans le secteur de Busendo, à l’intérieur du parc national des Virunga. Les personnes qui empruntent cette route pour se rendre de Goma vers le Grand Nord, ou dans le sens inverse, sont régulièrement exposées à ces risques.
Avant la prise de contrôle de cette partie du territoire par le M23, des convois étaient organisés sur ce long tronçon traversant le parc. Les véhicules de voyageurs étaient escortés par des militaires afin de prévenir les attaques des coupeurs de route. Aujourd’hui, ces dispositifs n’existent plus dans les mêmes conditions et les voyageurs sont contraints de parcourir cette partie de la route avec un risque accru.
L’AFC/M23 contrôle pourtant cette zone depuis plusieurs années. La prise de Bunagana, dans le territoire de Rutshuru, remonte au 13 juin 2022. Depuis, le mouvement rebelle a étendu son contrôle à plusieurs autres parties de la province. Mais sur cet axe, les attaques contre les civils se poursuivent.
Le mouvement rebelle affirme avoir pris le contrôle de plusieurs territoires pour mettre fin à l’insécurité et protéger les populations. Pourtant, quatre ans après la prise de Bunagana, les enlèvements et les demandes de rançon persistent dans certaines zones sous son contrôle.
Pour les habitants du Grand Nord-Kivu, cette situation rend les déplacements vers Goma particulièrement difficiles. Certains voyageurs préfèrent passer par l’Ouganda puis le Rwanda afin d’éviter l’axe de la Rwindi. Mais la fermeture de la frontière entre la RDC et l’Ouganda, en raison de l’épidémie d’Ebola, a davantage compliqué leurs déplacements.
Les voyageurs disposent donc de peu d’alternatives. Ils doivent emprunter le tronçon de la Rwindi malgré les risques. Pendant ce temps, les civils continuent de subir les conséquences de l’insécurité, alors qu’ils ne sont ni acteurs de la guerre ni responsables du conflit qui déchire la région sur fond d’enjeux politiques et économiques.













