Conseil de sécurité de l’ONU : Judith Suminwa dénonce l’escalade des violences sexuelles dans l’Est de la RDC

Au Conseil de sécurité des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a dressé un tableau alarmant de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, exacerbée par la flambée des cas de violences sexuelles liées aux conflits.

Par Patient MBY

Ce mercredi 8 juillet, au Conseil de sécurité des Nations unies, que préside la RDC pour ce mois, la Première ministre congolaise a dénoncé l’utilisation de la violence sexuelle contre les femmes et les filles comme « un langage de guerre » par les groupes armés actifs dans l’Est du pays. Selon elle, cette situation provoque des déplacements massifs de populations civiles fuyant les exactions des assaillants, compromettant ainsi la paix et la sécurité.

« Ces violences sexuelles liées aux conflits ne sont pas seulement une tragédie individuelle. Elles sont un langage de guerre. Elles visent à terroriser, humilier, déplacer, dominer, briser les familles et déstructurer les communautés. Là où le corps des femmes, des filles, mais aussi des hommes et des garçons devient un champ de bataille, la paix est déjà profondément compromise », a déclaré Judith Suminwa.

Selon la cheffe du gouvernement, l’usage des violences sexuelles en période de conflit favorise l’occupation des territoires, la prise en otage des populations et le pillage des richesses. Judith Suminwa a soutenu que les violences sexuelles « prennent aussi la forme d’enlèvements, d’esclavage sexuel, de traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle, parfois au profit de groupes armés, de groupes terroristes ou de réseaux criminels. Elles ne sont pas toujours un effet collatéral de la guerre. Trop souvent, elles en sont une méthode ».

Judith Suminwa a estimé que le rapport présenté par la représentante spéciale de l’ONU, Pramila Patten, constitue « une base de données factuelles », mettant en évidence l’augmentation des cas de violences sexuelles liées aux conflits dans le monde. Évoquant le cas de la RDC, elle a indiqué que ces violences sont liées « aux déplacements forcés, aux économies illicites et aux logiques de prédation qui alimentent la guerre », dans un contexte marqué par les activités de la rébellion AFC-M23, soutenue par le Rwanda.

La Première ministre a également présenté les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour lutter contre ce fléau. Elle a notamment cité le renforcement des institutions, la création du Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles (FONAREV), ainsi que des centres intégrés de services multisectoriels assurant une prise en charge médicale, psychosociale, juridique et socio-économique des survivantes.

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