Alors que la question de la révision ou du changement de la Constitution cristallise les tensions politiques en République Démocratique du Congo, le député national Steve Mbikayi a pris la parole pour clarifier sa vision du processus. Loin des joutes oratoires stériles, l’élu prône une approche méthodique et inclusive pour refonder l’État.
Par Gédéon ATIBU
Pour Steve Mbikayi, le débat ne doit porter sur le « si », mais sur le « comment ». Selon lui, la légitimité d’une telle démarche repose exclusivement sur la participation citoyenne.
« La voie crédible est connue et éprouvée : consultation populaire sur l’opportunité d’une nouvelle Constitution ; désignation démocratique des constituants ; débats publics ouverts et inclusifs ; adoption finale par référendum. Rien de plus républicain», a-t-il dit.
Cette trajectoire est le seul rempart contre les critiques de partialité, estimant qu’il n’y a « rien de plus républicain » et « rien de plus difficile à contester objectivement.
Contrairement aux craintes exprimées par une partie de l’opposition, il soutient que « refonder, ce n’est pas concentré le pouvoir ».
Au contraire, l’objectif serait d’optimiser le fonctionnement de la machine étatique. Selon les mots de l’ancien ministre, « refonder, c’est simplifier l’architecture pour renforcer l’autorité de l’État là où elle est indispensable » et « c’est adapter nos institutions à nos réalités politiques et économiques ».
Dans sa « Carte Blanche 185 », Steve Mbikayi exhorte la classe politique à faire preuve de « maturité ». Il regrette que les débats actuels soient souvent pollués par des procès d’intention.
« La maturité politique consiste à ouvrir un débat national sans suspicion, à parler des principes plutôt que des personnes, et à interroger les structures plutôt que les ambitions», a-t-il martelé.
Ainsi, il rappelle les forces vives du pays à ne pas rejeter le changement par simple dogmatisme :
« Si l’expérience démontre que la stabilité durable exige une nouvelle architecture institutionnelle, alors le devoir des forces politiques n’est pas de s’y opposer par réflexe, mais d’en organiser le débat avec courage, responsabilité et fidélité à l’intérêt supérieur de la Nation», a-t-il conclu.
En déplaçant le curseur des individus vers les institutions, il invite à un dépassement des clivages habituels. Reste à savoir si cet appel à la « maturité » sera entendu par une opposition qui y voit souvent une manœuvre de conservation du pouvoir, ou si le pays s’engagera enfin dans cette « consultation populaire » qu’il appelle de ses vœux.













