24 avril 2016 – 24 avril 2026, dix ans jour pour jour que disparaît l’artiste musicien et chanteur congolais Jules Shungu Wembadio, connu sous le nom de Papa Wemba. Après plusieurs albums à succès en RDC et à l’international, l’artiste, qui avait décidé de vivre à Paris à la fin des années 80, est arrêté en 2003 pour « aide au séjour irrégulier en bande organisée », après que 90 Congolais sont arrivés en France munis de visas de musiciens sans instrument. Condamné, Wemba passe plus de trois mois derrière les barreaux à Fleury-Mérogis, où il sort l’album Somo Trop, dans lequel il raconte ces événements.
Par Patient MBY
Après une belle aventure au sein de l’orchestre Zaïko Langa Langa, co-créé avec Nyoka Longo, Papa Wemba fonde le groupe musical Viva La Musica, où il se fait assister par d’autres stars comme Djuna Djanana, père biologique de Gims et Dadju. À Kinshasa, au quartier Matonge, il s’autoproclame chef coutumier du village Molokaï, une composition de quelques avenues au sein de la capitale. En cinéma, Papa Wemba fait ses premiers pas sans réellement progresser.
Dans le film La Vie est belle de Mweze Ngangura et Benoît Lamy, en 1987, il joue aux côtés de Pépé Kallé Yampanya le rôle d’un jeune villageois courageux et débrouillard dans une mégapole où la vie de plusieurs jeunes est vouée aux aventures, nourries par les ambitions sempiternelles de voyager vers l’Europe.
Après de grandes réalisations à l’international, Papa Wemba, alors figure incontournable de la rumba congolaise, signe son retour à Kinshasa, où il fonde « Maître d’école » en 2014, un projet visant à former les nouveaux talents de la scène musicale congolaise.
Alors que son succès bat encore son plein en RDC, en Afrique et à travers le monde, Papa Wemba est invité à prester à Abidjan au Festival des musiques urbaines d’Anoumabo (FEMUA), organisé par Magic System. Ce fut sa dernière montée sur scène, un dernier cri et l’ultime voix vive du Kuluyaka, soit Vieux_Bokule. Le prince de la sape rejoint alors son père pour l’éternité.
Une décennie après son départ, Papa Wemba vit encore. Comme le dit un adage populaire : « un artiste ne meurt jamais », la musique de Jules Shungu continue de jouer dans tous les événements et toutes les circonstances, symbole d’un art qui transcende les époques et les générations.
Ses sons, axés sur l’amour, le vivre-ensemble, l’aide et le respect, résonnent aujourd’hui comme un rappel à l’ordre dans une société où les dérives ont pris la place des valeurs.
Chaque 24 avril, des manifestations en sa mémoire sont organisées à travers le monde. Selon une publication d’Asalfo, fondateur du groupe Magic System, une messe, le dépôt de gerbes de fleurs, une parade des sapeurs ainsi que des prestations d’orchestres rumba seront organisés ce jour à Anoumabo, en Côte d’Ivoire.
Alors qu’au pays, la douleur, dix ans après sa mort, reste vive auprès de ses proches et de ses fans, comme si c’était hier.













