Par Emmanuel Medina
La tristesse et la consternation s’emparent des habitants du littoral congolais. La baleine qui s’était échouée il y a peu sur la plage de Muanda, dans la province du Kongo Central, a connu une fin tragique. Malgré une mobilisation citoyenne exceptionnelle et des heures d’efforts acharnés pour tenter de la repousser vers la haute mer, le majestueux cétacé n’a malheureusement pas survécu à sa détresse selon la presse locale Au-delà de la perte de cet animal, l’affaire prend désormais une tournure criminelle : les premières constatations médico-légales effectuées sur la dépouille révèlent que l’animal a été la cible d’attaques humaines bien avant son échouage.
Dès l’alerte de l’échouage, un élan de solidarité s’est organisé sur la plage de Muanda. Éco-gardes, pêcheurs locaux, autorités municipales et curieux se sont relayés pendant de nombreuses heures pour tenter de sauver le mammifère marin. Les équipes de secours ont multiplié les manœuvres pour maintenir l’animal humide et essayer de profiter de la marée montante pour le remettre à l’eau.
Malheureusement, la taille du cétacé, les conditions de la côte et, comme on l’a appris plus tard, son état de faiblesse extrême ont rendu l’opération impossible. La baleine a poussé son dernier soupir sur le sable, sous les yeux impuissants des bénévoles.
L’examen préliminaire de la carcasse par les experts en biodiversité marine a rapidement douché l’hypothèse d’un échouage purement accidentel ou lié à des causes naturelles comme la désorientation ou la vieillesse. Les scientifiques ont formellement identifié plusieurs impacts de balles sur le corps de la baleine.
Cette découverte macabre soulève de graves interrogations sur le parcours de l’animal avant son arrivée sur les côtes congolaises :
Qui a tiré sur le cétacé ? S’agit-il de braconniers en haute mer, de navires de pêche illégale ou d’actes de malveillance isolés ? , Où l’attaque a-t-elle eu lieu ?
Les blessures ont pu être infligées dans les eaux territoriales de la RDC ou plus au large, dans les eaux internationales et quel type d’armement a été utilisé ?
L’analyse des projectiles devrait permettre de déterminer le calibre et la nature de l’armeUne enquête approfondie a immédiatement été diligentée par les autorités environnementales et judiciaires pour faire toute la lumière sur ce crime faunique et en établir formellement les responsabilités.
La mort de cette baleine constitue une perte regrettable pour la biodiversité marine de la région. L’océan Atlantique, au large des côtes de la RDC, abrite des couloirs migratoires essentiels pour plusieurs espèces de grands mammifères marins.Cet événement tragique vient cruellement rappeler la vulnérabilité de la faune océanique face aux activités humaines et au braconnage.
Les associations locales de protection de la nature montent au créneau pour exiger un renforcement drastique de la surveillance des eaux territoriales congolaises et des sanctions exemplaires contre les auteurs d’actes de cruauté envers les espèces protégées.













