Les agents engagés dans la riposte contre Ebola ont déclenché une grève illimitée à Nia-Nia, dans le territoire de Mambasa, en Ituri. Ils réclament le paiement de leurs primes, impayées depuis le mois d’août, selon une note d’alerte signée par Charles Mampasu et consultée par Reporter.cd. Le mouvement touche plusieurs activités essentielles de la lutte contre l’épidémie, notamment la surveillance des cas, la sensibilisation de la population et la prévention des infections.
Par Charles Muhindo
Pourtant, l’épidémie continue de faire des victimes en République démocratique du Congo. Selon le rapport de la situation publié le 24 octobre par les autorités sanitaires congolaises, le pays comptait, au 22 octobre, 9 816 cas confirmés d’Ebola, dont 4 757 décès et 2 635 guérisons. Le taux de létalité atteignait 48,5 %. Huit provinces et 66 zones de santé étaient touchées jusqu’à cette date.
L’Ituri reste la province la plus affectée. Elle concentre 72,4 % des cas confirmés recensés dans le pays. À Nia-Nia, les données reprises dans la note d’alerte faisaient état, au 30 septembre, de 313 cas confirmés, dont 209 décès et 88 guérisons. Ces chiffres locaux, qui portent sur une période antérieure, prouvent la gravité de la situation dans cette zone de santé.
Les agents en grève assurent notamment la recherche des cas suspects, le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades et la sensibilisation des communautés aux mesures de prévention. La suspension de ces activités peut ainsi empêcher ou retarder la détection de nouvelles infections et compliquer le suivi des contacts. Elle risque aussi de favoriser les rumeurs dans des communautés où la compréhension de la maladie et l’adhésion aux mesures préventives demeurent un problème majeur.
Cette grève ramène également la question de la gestion des fonds annoncés pour combattre l’épidémie. Le 14 octobre, Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, avait indiqué que les partenaires avaient décaissé près de 962 millions de dollars américains pour la riposte contre Ebola en RDC. Autour de 262 millions de dollars seulement ont pu être retracés auprès des partenaires de mise en œuvre, alors que près de 700 millions sont sans traçabilité claire. Ces montants qui exigent des explications sur leur utilisation alors que des agents sur le terrain réclament toujours leurs primes.
Des centaines de millions de dollars ont ainsi été annoncés pour soutenir la riposte, mais des agents engagés sur le terrain et chargés de surveiller la maladie et de sensibiliser la population dénoncent des mois sans primes. Ils réclament le paiement de leurs arriérés avant de reprendre leurs activités avec tous les risques que la région court.













