Par Gédéon Antibu
La lutte contre Ebola franchit une nouvelle étape en République démocratique du Congo. Le premier patient a été intégré à un essai clinique destiné à évaluer 2 traitements contre la maladie. Cette étude, menée par des chercheurs congolais avec l’appui de plusieurs partenaires internationaux, doit permettre de savoir si ces médicaments sont efficaces contre le virus Ebola de souche Bundibugyo qui, jusqu’ici, n’a ni vaccin, ni traitement.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, les 2 traitements seront d’abord administrés séparément, puis ensemble. Pendant toute la durée de l’étude, les patients bénéficieront d’une prise en charge médicale complète et d’un suivi régulier. Si les résultats sont concluants, ces traitements pourraient être utilisés pour soigner les personnes touchées par l’épidémie.
Cet essai est lancé alors que l’épidémie continue de gagner du terrain. Toujours selon l’OMS, y compris les données livrées par les autorités congolaises, des dizaines de nouveaux cas sont encore enregistrés chaque jour. Les centres de traitement accueillent de plus en plus de malades et la plupart des lits disponibles sont déjà occupés, les équipes chargées de la riposte sont même débordées par moment.
Toutefois, la riposte se renforce sur le terrain. De nouveaux laboratoires ont été rapprochés des communautés afin d’accélérer le dépistage, rapporte-t-on. Les équipes sanitaires poursuivent aussi le suivi des personnes ayant été en contact avec les malades et augmentent progressivement les capacités d’accueil dans les centres de traitement.
D’autres avancées viennent soutenir cette réponse. L’OMS a donné son homologation d’urgence à un nouveau test conçu spécialement pour détecter le virus Ebola Bundibugyo. Cet outil devrait permettre d’identifier les cas plus rapidement et d’améliorer la prise en charge des patients.
Mais la lutte contre Ebola ne dépend pas seulement des médicaments et des tests. Elle est aussi freinée par l’insécurité et la résistance d’une partie de la population. Cette semaine encore, un centre de traitement en Ituri a été attaqué et incendié, provoquant la mort de 2 personnes ainsi que la fuite de plusieurs patients et soignants. Pour les autorités sanitaires, la confiance de la population reste l’une des conditions majeures pour freiner la propagation de la maladie dans le pays.













