Éboulement à la mine de Rubaya : le gouvernement congolais dénonce « une exploitation minière illégale » au profit du Rwanda et de l’AFC-M23

Par Patient MBY

Le gouvernement congolais a exprimé sa profonde consternation face à l’effondrement, survenu mercredi 28 janvier, d’une mine de coltan à Luwowo, dans la localité de Gasasa, autour de Rubaya, dans le territoire de Masisi, ayant causé plus de 200 morts. Les principales victimes sont des creuseurs artisanaux « contraints à l’exploitation sauvage et illégale » des ressources minières au profit du Rwanda et de la rébellion de l’AFC-M23.

Dans un communiqué daté du samedi 31 janvier, Kinshasa dénonce l’absence totale de normes de sécurité dans cet environnement minier, rappelant le drame de juin 2025, qui avait fait plus de 300 morts parmi les civils, dans des circonstances similaires sur le même site, relevant « un schéma de mise en danger des populations civiles ».

Le gouvernement rappelle que le site minier de Rubaya a été classé au statut de « rouge » en février et mars 2025, un statut qui interdit toute exploitation et commercialisation de ces « minerais du sang » dans un contexte de guerre. Cependant, la poursuite des activités constitue une violation flagrante de la loi, sans aucun respect des normes de sécurité.

Selon le gouvernement, ces activités s’inscrivent dans le cadre d’un système structuré de pillage et d’exploitation illégale des ressources minérales destinées à alimenter la chaîne d’approvisionnement industrielle « illicite » du Rwanda, allant de l’extraction à la commercialisation « frauduleuse ». Il soutient que l’augmentation vertigineuse des exportations, estimées entre 112 et 120 tonnes de coltan sous le label rwandais entre janvier et juin 2025, « sans aucun rapport avec ses réserves naturelles », relève de mécanismes de « blanchiment des minerais congolais » extraits des zones d’occupation, visant à financer la guerre dans l’Est de la RDC.

L’explosion des exportations de coltan, atteignant jusqu’à 200 %, traduit « la faillite manifeste » des mécanismes internationaux et régionaux de traçabilité, notamment les dispositifs ITRI/ITA et les mécanismes de certification de la CIRGL, qui n’ont pas empêché « l’écoulement et la certification frauduleuse des minerais provenant des sites classés au statut “rouge” ». Par ailleurs, le gouvernement déplore « l’imprudence des acheteurs finaux et des acteurs économiques internationaux qui continuent de s’approvisionner auprès du Rwanda en minerais issus de Rubaya », contribuant indirectement au financement des groupes armés en RDC, en violation des instruments juridiques internationaux.

Le gouvernement annonce poursuivre la documentation de ces faits afin de consolider ses démarches devant les juridictions compétentes pour que les auteurs répondent de leurs actes, tout en réaffirmant son engagement en faveur d’une paix durable à travers les processus de Doha et de Washington, soulignant que « cet engagement ne saurait justifier l’impunité ni occulter les crimes et violations graves » perpétrés sur son territoire.

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