Est de la RDC : plus de 80 000 cas de viol recensés en neuf mois

Par Patient MBY

La République démocratique du Congo enregistre un nombre très élevé de viols dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, devenues l’épicentre des conflits armés. Selon un rapport de Human Rights Watch, plus de 80 000 cas de viol ont été documentés entre janvier et septembre 2025, représentant une hausse de 32 % par rapport à l’année 2024.

Selon cette organisation onusienne, les victimes font face à plusieurs défis, alliant insuffisance de prise en charge due à la coupure de financements par les États-Unis, plongeant plusieurs structures sanitaires dans l’incapacité de couvrir de nombreux cas de viol, et l’impunité manifeste des responsables de ces actes.

« Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) a signalé plus de 80 000 cas de viol dans l’est de la RDC entre janvier et septembre 2025, soit une hausse de 32 % par rapport à la même période en 2024. En parallèle, les coupes soudaines et chaotiques du gouvernement des États-Unis dans l’aide internationale au début de l’année 2025 ont brusquement mis fin aux soins médicaux d’urgence et à d’autres formes de soutien pour des milliers de survivantes de violences sexuelles », notent HRW et l’UNFPA, qui ajoutent que certaines victimes ont contracté le VIH/SIDA, tandis que d’autres sont tombées enceintes suite à une intervention médicale tardive.

La directrice de la division Crises, conflits et armes à Human Rights Watch, Ida Sawyer, dénonce l’utilisation des violences sexuelles massives comme arme de guerre par les groupes armés, soutenant que « les survivantes de ces crimes atroces sont confrontées à un climat d’impunité qui protège les responsables et à un système de santé privé de moyens pour les accompagner ».

L’ONG Human Rights Watch souligne que plus de quatre groupes armés sont impliqués dans les violences sexuelles dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Selon les témoignages, une fille de 17 ans a été violée et battue par quatre soldats congolais dans un champ en Ituri, tandis qu’une femme de 42 ans aurait subi des actes de viol perpétrés par des combattants de l’AFC-M23 au Nord-Kivu. Ces deux victimes ont été affectées par le VIH.

HRW rappelle que le viol et les violences sexuelles en temps de guerre constituent « une violation du droit international humanitaire » et « du droit international relatif aux droits humains » ratifiés par la RDC, ainsi que des crimes de guerre.

La République démocratique du Congo fait face à une agression de son territoire par le Rwanda sous couvert de la rébellion de l’AFC-M23. Ces derniers temps, les combats se sont intensifiés dans la province du Sud-Kivu, avec une tendance de progression vers le sud du pays. Pendant ce temps, les autorités de Kinshasa renforcent les démarches régionales pour obtenir une solution pacifique à la crise sécuritaire et humanitaire aggravante. Toutefois, une escalade verbale est observée du côté rebelle, qui décide d’avancer.

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