Par Patient MBY
Lors de sa rencontre avec Jean-Pierre Lacroix, ce jeudi 4 septembre, l’opposant congolais Jean-Marc Kabund-A-Kabund a estimé que la crise sécuritaire et politique en République démocratique du Congo (RDC) exige une résolution holistique intégrant tous les acteurs locaux, y compris la société civile et les chefs coutumiers des zones affectées.
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent l’aggravation de l’insécurité dans le pays, notamment la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale. « Parmi les causes profondes, nous avons cité la mauvaise gouvernance, qui est à la base de tout ce que nous vivons aujourd’hui comme insécurité. L’injustice sociale, l’absence ou l’incapacité, que ce soit de l’ONU ou du gouvernement, à réinsérer les combattants armés. Car si ce processus échoue, celui qui était combattant hier et dont la réinsertion n’a pas réussi retournera dans la brousse, et les exactions vont se poursuivre », a déclaré le leader de l’Alliance pour le changement à l’issue des échanges avec Jean-Pierre Lacroix.
Pour sortir de la crise multisectorielle que traverse la RDC, Kabund propose un dialogue à deux volets. D’une part, un dialogue tripartite entre Kinshasa, Kigali et Kampala ; et d’autre part, un dialogue interne entre Congolais, réunissant toutes les composantes de la nation autour d’une cause commune.
« Concernant le processus de paix et de soutien, nous avons souligné qu’il faut commencer quelque part. Nous, Alliance pour le changement et Coalition de la gauche congolaise, avons suggéré un dialogue à double niveau : un dialogue international entre la RDC et les pays voisins impliqués dans ce qui se passe à l’Est, à savoir le Rwanda et l’Ouganda. Même si le pouvoir en place refuse d’en parler, nous estimons que l’Ouganda est totalement impliqué et qu’un dialogue sincère entre Kinshasa et Kampala est indispensable. Cette politique de loterie entre les deux pays ne va pas faciliter les choses. Ensuite, un dialogue interne, inclusif, entre Congolais. Nous avons insisté sur ce point », a-t-il ajouté.
La rencontre a également réuni d’autres opposants, dont Martin Fayulu, qui a pour sa part rappelé l’importance d’un dialogue interne inclusif, tel que prôné par l’ECC et la CENCO.
Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint de l’ONU, poursuivra sa mission en RDC jusqu’au 7 septembre. Après les acteurs politiques, il doit se rendre dans l’Est du pays pour rencontrer la société civile et les forces vives locales.













