Guerre du M23 au Sud-Kivu : ce qu’il faut savoir de la situation autour de Baraka ce mardi

La situation sécuritaire reste au centre des préoccupations dans le sud de la province du Sud-Kivu. Depuis quelques jours, des informations et des rumeurs circulent sur une possible avancée des rebelles de l’AFC/M23 vers la ville de Baraka. Le matin de ce mardi, plusieurs éléments permettent toutefois de mieux comprendre la situation sur le terrain.

Par Gédéon Antibu

Les autorités provinciales assurent que la ville de Baraka et le chef-lieu du territoire de Fizi restent calmes. Le gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano M’Yewa, a tenu à rassurer la population à l’issue de la réunion du comité provincial de sécurité organisée le lundi dernier à Uvira. Il a affirmé que la situation demeure relativement calme dans les territoires de Fizi et d’Uvira.

Selon lui, les FARDC poursuivent leurs opérations militaires dans les hauts plateaux de Fizi et d’Uvira. Il assure que les militaires congolais continuent de défendre leurs positions face aux rebelles.

Sur le terrain, les combats se poursuivent cependant dans plusieurs villages des hauts plateaux de Fizi, Mwenga et Uvira. Depuis le début du mois de juillet, les FARDC, appuyées par les Wazalendo, affrontent les combattants de l’AFC/M23 et leurs alliés.

L’armée affirme avoir lancé une contre-offensive pour reprendre les localités passées sous contrôle rebelle. D’après le porte-parole de l’opération Sukola 2 Sud, les FARDC ont repris les positions de Kimete, Wihene et Kashamata. Il ajoute que les combattants de la coalition rebelle se sont repliés vers Rugezi et Bigaragara.

De son côté, la société civile de Fizi affirme que les FARDC contrôlent toujours Mulima et plusieurs autres localités situées dans les profondeurs du territoire. Selon cette structure, les militaires congolais maintiennent une ligne de défense à moins de 25 kilomètres de Point Zéro.

La société civile explique également que les mouvements observés ces derniers jours sur les premières lignes sont un repositionnement des troupes et non un abandon des positions. Elle estime que les militaires restent mobilisés pour protéger la population de Baraka et du territoire de Fizi.

Ces acteurs locaux accusent aussi les rebelles et leurs alliés de bénéficier d’un important appui de drones, qui compliquerait la défense des FARDC. Des affirmations qui avaient déjà été confirmées par l’armée dans une mise à jour le même lundi.

Les FARDC dénoncent également des bombardements de drones contre le village de Bidjaga et d’autres localités proches de Point Zéro. Selon l’armée, ces attaques ont fait au moins 18 morts, essentiellement des civils.

Il faut cependant dire que certaines informations dans les hauts plateaux restent difficiles à confirmer aussitôt. En effet, il s’agit d’une région enclavée et le réseau de téléphonie y est perturbé depuis vendredi dernier, ce qui complique davantage la vérification indépendante des événements.

Face à cette situation, la société civile demande au président Félix Tshisekedi et aux autorités politico-militaires de prendre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité dans cette partie du Sud-Kivu. Elle estime que la situation autour de Baraka et de Fizi est déterminante pour la suite des offensives lancées par les rebelles qui recourent aux drones kamikazes pour lancer leurs offensives.

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