Ituri : 2 morts et un centre de traitement d’Ebola incendié dans des altercations entre civils et forces de l’ordre à Mambasa

La lutte contre la maladie à virus Ebola a connu un nouveau coup dur en Ituri. Dans la nuit du mardi à ce mercredi 1er juillet, une altercation a été déplorée dans le territoire de Mambasa, où des habitants se sont attaqués à des installations sanitaires mises en place pour faire face à l’épidémie. Ces accrochages ont alors coûté la vie à au moins 2 personnes en plus d’importants dégâts matériels.

Selon les informations recueillies sur place, les manifestants exigeaient que les corps de 2 personnes décédées d’Ebola leur soient remis. Ils refusaient que les victimes soient enterrées selon les procédures sanitaires prévues pour limiter les risques de contamination. La situation a ainsi dégénéré lorsque les forces de l’ordre sont intervenues.

« Le centre de santé de référence Juhudi ainsi que le Centre de traitement Ebola (CTE) de PK51, situé dans le territoire de Mambasa sur la route d’Isiro, ont été incendiés dans la nuit du mardi à ce mercredi par des personnes en colère, venues réclamer de force la restitution des corps de 2 malades décédés d’Ebola, allant jusqu’à s’opposer à leur enterrement sécurisé », témoigne l’acteur politique Luc Malembe.

Le bilan provisoire fait état d’au moins 2 morts. D’après les mêmes sources, un policier a été brûlé vif, tandis qu’un civil a été tué par balle. Les 2 corps des victimes d’Ebola auraient également été emportés par les manifestants vers un endroit qui n’est pas encore identifié.

Par ailleurs, 2 médecins infectés par le virus Ebola étaient hospitalisés dans le Centre de traitement au moment où celui-ci a été incendié. Leur situation n’est pas non plus encore clairement connue.

« Pendant ce temps, les manifestants auraient emporté les 2 corps décédés d’Ebola vers une destination non encore établie, s’exposant à une contamination massive », ajoute la même source.

Ces violences ont également touché le territoire d’Irumu. Le même mardi, un poste de lavage des mains installé à Manje, sur la route de Kasenyi, a été saccagé. Cet acte intervient alors que les équipes sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la 17ᵉ épidémie d’Ebola dans la province et les autorités politiques et sanitaires n’arrêtent de sensibiliser l’opinion sur la nécessité de se protéger contre la maladie.

Ces derniers jours, l’équipe chargée de la riposte fait face à de nombreuses attaques de ceux qui doutent encore de l’existence d’Ebola. Au-delà des soins apportés aux malades, les équipes doivent ainsi se démener comme des diables au feu face à cette méfiance d’une partie de la population. Mais, cette résistance complique davantage les efforts engagés pour freiner la propagation de la maladie.

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