Par la rédaction
Dans plusieurs chefferies du territoire d’Irumu, en Ituri, des civils seraient arrêtés, torturés et, dans certains cas, tués dans des cachots clandestins attribués à des groupes armés.
Les faits sont notamment signalés dans les chefferies des Andisoma, Mobala, Walese-Vonkutu et Basili, selon plusieurs témoignages recueillis localement.
À Komanda, plusieurs cachots clandestins sont notamment attribués aux miliciens de la Force patriotique intégrationniste du Congo (FPIC), communément appelée « Chini ya Kilima ».
Des habitants affirment que des civils y sont arrêtés en dehors de toute procédure judiciaire, avant d’être soumis à des violences physiques ou contraints de payer de l’argent pour recouvrer leur liberté.
Une habitante, qui témoigne sous couvert d’anonymat, raconte le cas de sa grande sœur, accusée de sorcellerie par certains membres de sa famille.
« Ma grande sœur était accusée par certains membres de la famille d’être sorcière. Les miliciens étaient venus la prendre ici et l’avaient amenée à la Maison jaune, où se trouve leur cachot. Elle y a été détenue avant d’être tuée. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas récupéré son corps », affirme-t-elle.
Jean Mumbere, nom d’emprunt, dit également avoir été victime de ces pratiques. Il raconte avoir été arrêté par des miliciens après une dispute avec son épouse.
« Un soir, je me querellais avec ma femme. Je l’avais battue et j’ai été pris par ces miliciens jusque dans leur cachot. Là, j’ai payé 500 000 francs congolais », témoigne-t-il. Il affirme également avoir été violemment tabassé pendant sa détention.
Pour un activiste des droits humains, ces pratiques ne seraient pas limitées à Komanda.
« Ce phénomène est aussi observé à Walese-Vonkutu. Nous avons enregistré plusieurs cas de personnes arrêtées dans ces cachots et, récemment, plus d’une dizaine de personnes auraient été tuées », affirme-t-il. Il appelle à des enquêtes permettant d’établir les circonstances exactes de ces décès et les responsabilités.
« La justice doit s’impliquer pour mettre fin à ce phénomène. On ne peut pas laisser des groupes armés installer des cachots et décider eux-mêmes qui doit être arrêté, torturé ou libéré », poursuit cet activiste. Il demande aux autorités judiciaires et sécuritaires d’identifier ces lieux de détention et de prendre des mesures pour protéger les civils.
Dans plusieurs localités concernées, la peur reste vive parmi les habitants, qui redoutent d’être à leur tour arrêtés ou soumis à des violences dans ces lieux de détention clandestins
Face à cette situation, des habitants appellent les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires à intervenir rapidement pour identifier et faire fermer ces cachots, mais aussi pour enquêter sur les cas de tortures, de détentions arbitraires et de décès rapportés.












