Une année après la pollution de l’environnement par l’entreprise Congo Dongfang Mining dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, dans la commune Annexe à Lubumbashi, les victimes sont laissées pour compte, alors que l’entreprise minière a repris ses activités sans que la suspension prononcée par le ministère des Mines ait été officiellement levée.
Par Patient MBY
Ce mercredi 04 novembre, l’Institut de recherche sur les droits humains (IRDH) remet les pendules à l’heure et exige des comptes au ministre des Mines et à l’entreprise CDM. Selon son coordinateur, Hubert Tshiswaka Masoka, aucune revendication n’a été satisfaite jusqu’à ce jour, notamment le paiement de 6 millions de dollars d’indemnités exigés par les populations affectées, la construction d’un forage d’au moins cinq puits dans chaque quartier, ainsi que la signature d’un accord écrit entre CDM et les populations riveraines et la mise en place d’un mécanisme de prise en charge écotoxicologique.
« Toutes ces mesures ne sont pas appliquées, c’est pourquoi, à cette occasion de la commémoration de l’an 1, nous essayons de rappeler toutes ces obligations à CDM et au gouvernement », a-t-il déclaré.
Hubert Tshiswaka déplore la reprise de l’exploitation minière par l’entreprise CDM, sans la levée officielle de la suspension qui lui a été infligée par le gouvernement, alors que « les conditions préalables » ne sont pas remplies.
Face à cette situation, l’IRDH appelle l’Assemblée nationale à convoquer le ministre des Mines sur la gestion jugée complaisante de ce dossier relatif à la pollution de l’environnement par les activités de CDM, qui ont causé des catastrophes environnementales dans ces quartiers.
« On a aussi recommandé dans notre communauté que l’Assemblée nationale puisse interpeller le ministre des Mines parce que cette gestion de cette catastrophe écologique me semble être complaisante. Les communautés attendent réparation, on voit l’entreprise reprendre les activités sans aucune explication et pourtant, il y avait eu une pollution majeure. C’est le ministre lui-même qui avait pris la décision de sanctionner CDM, mais CDM ignore la décision du ministre. Le ministre ne fait rien », a indiqué Hubert Tshiswaka.
En novembre 2025, la compagnie minière Congo Dongfang Mining (CDM) a déversé une quantité importante des eaux de son bassin de rétention contenant des résidus chimiques issus de l’exploitation minière dans les quartiers Kasapa, Kamatete et Kamisepe, profitant de la pluie qui s’abattait ce jour-là. Ce déversement a provoqué des dégâts environnementaux. Selon les résultats des investigations des environnementalistes, des animaux aquatiques étaient morts dans la rivière Lubumbashi, tandis que l’eau des puits avait été affectée par l’acide.












