Les armes continuent de parler dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ce jeudi 5 novembre 2026 encore, plusieurs positions militaires ont été attaquées dans les territoires de Walikale et Masisi (Nord-Kivu), ainsi que dans ceux de Mwenga, Walungu et Kabare, au Sud-Kivu. Les affrontements opposent les FARDC, appuyées par les Wazalendo, aux combattants du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila
Par Muhindo
À Walikale, les combats ont repris à Kibati, dans le groupement de Luberike, selon un témoignage d’un habitant sur place. Les FARDC et leurs alliés y ont lancé une offensive contre les positions rebelles. Des tirs d’armes lourdes et légères ont été entendus dans cette agglomération, qui est, depuis plusieurs jours, un théâtre des affrontements entre les 2 belligérants.
La même source rapporte des attaques des drones. Dans la nuit du mercredi à ce jeudi, des drones du FRN/M23 ont survolé plusieurs localités, notamment Mindjendje, Mpety, Pinga, Munsanga et Mutongo. Des bombes ont ensuite été larguées sur des positions des FARDC et des Wazalendo à Mindjendje. Le bilan communiqué par des sources sécuritaires sur place fait état de 2 combattants Wazalendo tués et de 2 autres blessés.
Au Sud-Kivu, les affrontements sont signalés sur plusieurs axes. Dans le territoire de Mwenga, les villages de Kalambi, Kionvu, Kigongo et Kasika ont aussi été visés par des combats après des attaques contre les positions des Wazalendo du général autoproclamé Bashimbe Jésus. Les tirs d’armes lourdes et légères y ont été entendus. Les combattants Wazalendo disent vouloir poursuivre leur résistance jusqu’à Kilungutwe.
Plus au nord, dans le territoire de Walungu, les positions des hommes de Maheshe Simba wa Nkutu, notamment à Lutunkulu et Kaniola, ont également été attaquées. Ces affrontements viseraient la reprise de Nzibira, une cité minière dans cette partie du Sud-Kivu. Des sources Wazalendo rapportent par ailleurs des mouvements et ded renforcements des troupes et d’acheminement de matériel militaire depuis mardi dernier.
Dans le territoire de Kabare, les combats sont aussi signalés dans groupement de Luhago. Des affrontements sont rapportés depuis les premières heures de ce jeudi dans les villages d’Irega, Kacuba et Mwegerera. Là aussi, les Wazalendo et les FARDC font face aux combattants du FRN et à leurs alliés rwandais.
Au Nord-Kivu, une accalmie apparente est toutefois observée ce jeudi dans certaines parties du territoire de Masisi. Mahanga reste sous contrôle des FARDC et des Wazalendo. Il en est de même pour les positions de Kukajogo et Kurupango, situées aux alentours de Kazinga. Le centre de Kazinga demeure toutefois entre les mains des rebelles du FRN, contrairement aux informations qui ont circulé récemment sur les réseaux sociaux.
Autre fait signalé dans la région : 2 combattants du FRN venus de Kyaghala, dans le territoire de Rutshuru, se sont rendus aux Wazalendo dans le territoire de Walikale. Ils ont remis leurs armes aux combattants qui les ont accueillis.
Cette reprise des combats sur plusieurs axes est déplorée alors que James Swan, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, a effectué un déplacement à Goma pour rencontrer Joseph Kabila et d’autres responsables du FRN. Les discussions autour du processus de paix et du cessez-le-feu n’ont donc pas empêché les affrontements de se poursuivre. Sur le terrain, les armes continuent de parler, y compris avec le recours aux drones pour atteindre les positions adverses.
Uvira, un objectif désormais écarté ?
Au Sud-Kivu, un autre élément mérite attention : le changement de discours des rebelles au sujet d’Uvira. Ces derniers jours, plusieurs pages et comptes proches du FRN/M23 multipliaient les annonces sur une probable progression de leurs combattants vers cette ville. Certains affirmaient même que leurs hommes se trouvaient à seulement 8 kilomètres de l’agglomération et que sa prise n’était plus qu’une question de temps. Baraka et Fizi étaient également présentées comme des prochaines cibles
Mais, le mercredi dernier, le discours a changé. Dans une communication, la coalition rebelle a affirmé qu’il n’avait ni l’intention de prendre Uvira. Un revirement qui ne passe pas inaperçu après les nombreuses annonces faites par des proches du groupe armé ces derniers jours.
D’où les interrogations suivantes : les rebelles cherchent-ils à créer la confusion autour de leurs véritables intentions et ainsi distraire les troupes militaires congolaises? N’ont-ils finalement pas renoncé à la reconquête d’Uvira suite à la résistance rencontrée depuis plusieurs jours ? La pression américaine pourrait-elle également jouer dans ce changement de discours, Washington ayant déjà contraint les mêmes rebelles à quitter la même ville en décembre 2025? Difficile d’y répondre avec précision à ce stade.













