Par Emmanuel Medina
Le Fonds monétaire international (FMI) a officiellement salué le retrait de la République démocratique du Congo (RDC) de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Cette décision, annoncée par l’organisation internationale le vendredi 30 octobre 2026 lors de sa plénière à Paris, marque la fin de la surveillance renforcée à laquelle le pays était soumis depuis octobre 2022. Pour le FMI, ce retrait témoigne de progrès significatifs dans le renforcement du cadre national de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Les conclusions et recommandations du Fonds ont été formulées à l’issue d’une mission de travail menée à Kinshasa du 22 octobre au 4 novembre 2026. Cette mission était consacrée au quatrième examen du programme de la RDC soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi qu’au troisième examen de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Dans ses déclarations, l’équipe du FMI a mis en avant les efforts substantiels fournis par les autorités congolaises pour assainir le secteur financier et corriger les lacunes stratégiques qui stagnaient depuis quatre ans.
« La mission se félicite du retrait de la RDC de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), ce qui témoigne des progrès significatifs accomplis dans le renforcement du cadre de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LBC/FT) », a indiqué la mission du FMI, tout en insistant sur la nécessité absolue de consolider et de pérenniser ces acquis durement obtenus.
Au-delà de la sphère purement financière, la mission du FMI a exprimé sa satisfaction quant aux réformes institutionnelles liées à la gestion environnementale. Le Fonds a notamment salué l’adoption par le gouvernement du projet de Code forestier révisé, le projet de loi révisé sur les partenariats public-privé (PPP) intégrant désormais les enjeux climatiques, et la publication du rapport d’audit de performance du Fonds forestier national, un signal fort envoyé en matière de transparence publique.
Malgré ces signaux verts, le FMI maintient une posture de vigilance et presse l’exécutif congolais de ne pas relâcher ses efforts. L’institution de Bretton Woods exhorte le gouvernement à intensifier la lutte contre la corruption et à poursuivre l’amélioration du climat des affaires afin d’attirer des investissements durables.
Un accent particulier a été mis sur les industries extractives. Le FMI encourage fortement les autorités à muscler le cadre juridique congolais pour garantir un respect plus strict des normes environnementales et sociales dans le secteur minier, tout en maintenant le cap pour une exécution rapide de l’ensemble des réformes structurelles en cours.
Avec cette double approbation du GAFI et du FMI, la RDC redore sa crédibilité internationale et s’offre une précieuse victoire diplomatique. Le plus difficile commence : transformer l’essai. Car si s’extraire de la liste grise exigeait des réformes, ne pas y retomber demandera une discipline de fer. Entre le chantier de la corruption et l’assainissement du secteur minier, Kinshasa sait que le regard des bailleurs de fonds restera braqué sur elle. Les gages de bonne foi sont donnés, l’action doit désormais se traduire concrètement sur le terrain.












