Le 15 août 2026 est arrivé, mais le dialogue national réclamé par l’opposition n’est toujours pas convoqué. Réunie au sein de la coalition de Article 64, l’opposition avait fixé cette date comme la limite à Félix Tshisekedi pour lancer un dialogue qu’elle veut national et inclusif. Autrement, elle avait annoncé la reprise des manifestations de grande envergure dans le pays. Ce samedi, le jour fixé est donc là et les regards se tournent désormais vers la prochaine décision de la C64.
Par Charles Muhindo
Ces dernières semaines, les leaders de cette coalition ont plusieurs fois appelé à la patience en soutenant qu’ils donnaient une chance au dialogue sur appel des pasteurs de la CENCO et de l’ECC. Le secrétaire général d’Ensemble pour la République, Dieudonné Bolengetenge, a toutefois prévenu qu’après le 15 août, l’opposition ne serait plus disposé à écouter les conseils. Il reste maintenant à savoir si cela va se concrétiser et si une date sera fixée pour ces manifestations. La question est très attendue pour autant que l’opposition avait déjà repoussé ses 2 grandes manifestations pour donner une chance au dialogue politique.
Toutefois, bien que le dialogue ne soit encore convoqué, Félix Tshisekedi a fait un petit pas dans la bonne direction. Après la validation par la Cour constitutionnelle du projet de loi sur le référendum, le chef de l’État n’a pas promulgué directement le texte. Il l’a renvoyé au Parlement pour une nouvelle lecture. Le dossier pourrait ainsi revenir devant les élus lors de la session de septembre. Cette décision donne encore un peu de temps aux 2 parties (opposition et pouvoir) pour discuter de cette question, surtout si le dialogue est convoqué avant septembre. Si le dialogue aborde la question, il est donc possible qu’un accord politique soit trouvé et que ce projet de loi soit définitivement enterré.
Mais la question du référendum n’est pas le seul dossier qui bloque. La participation de Joseph Kabila et du M23, empêche la convocation des assises selon des sources bien introduites. Les Églises souhaitent un dialogue inclusif, sans mettre de côté certains acteurs politiques ou les parties impliquées dans la crise de l’Est. Le pouvoir, lui, se réserve encore notamment sur la présence de Kabila et de l’AFC/M23 sur une même table de discussions avec les autorités de Kinshasa.
Félix Tshisekedi peut donc encore tenter de désamorcer la situation dans les prochains jours en convoquant ce dialogue national et inclusif. Si c’est fait, cela permettrait d’apaiser le climat politique dans le pays et d’éviter des manifestations d’envergures annoncées par l’opposition. Mais si aucune annonce ne vient, l’opposition devra dire clairement ce qu’elle compte faire. Ainsi, des questions restent entières et sans réponses : va-t-elle reprendre les manifestations annoncées ? À quelle date ? Ou va-t-elle encore accorder un nouveau délai au pouvoir ? Ce samedi 15 août, une chose est en tout cas claire : l’échéance fixée par la C64 est arrivée, mais le dialogue qu’elle attend n’est toujours pas là.













