Par Emmanuel Medina
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo et l’hôtel de ville de Kinshasa n’ont pas encore autorisé la marche de l’opposition prévue pour le 22 juillet 2026. Contrairement aux interprétations qui ont circulé ces dernières heures, l’exécutif urbain s’est borné à prendre acte du report de la manifestation initialement fixée au 8 juillet sans pour autant valider sa tenue, renvoyant l’analyse du dossier à des concertations ultérieures.
La mise au point de l’autorité urbaine intervient pour dissiper le flou médiatique entourant les conclusions de la réunion de sécurité tenue le samedi 4 juillet 2026. Ce conseil de crise, présidé par le Vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, et élargi aux responsables de la ville de Kinshasa, a fait l’objet d’analyses divergentes dans l’opinion publique.
L’hôtel de ville insiste sur le fait que la communication du gouverneur Daniel Bumba a été mal exploitée à des fins inavouées par certains courants politiques. Les autorités rappellent qu’à ce stade, aucun protocole d’accord officiel ni aucun document de quitus n’a été signé pour donner le feu vert à cette manifestation de grande envergure.
La position actuelle du gouvernement congolais reste une posture d’observation et de réserve. L’exécutif a simplement enregistré la décision de la « Coalition Article 64 » de décaler son calendrier. Pour lever toute équivoque, les services de la gouvernance de Kinshasa s’appuient sur la déclaration textuelle du gouverneur Daniel Bumba à l’issue de la réunion sécuritaire :
« Dans les jours qui viennent, nous allons peut-être vous renchérir davantage sur les mesures prises. »
Cette conclusion démontre que le dispositif d’encadrement, les itinéraires légaux ou l’autorisation finale restent soumis à des arbitrages stricts qui n’ont pas encore été finalisés par les services de sécurité de la capitale.
Cette mise au point s’aligne rigoureusement sur les termes des discussions préliminaires menées le vendredi 3 juillet 2026 entre l’autorité urbaine et les délégués de l’opposition. Lors de cette réunion de cadrage, les deux parties s’étaient accordées sur un accord de principe: suspendre toute décision de fond concernant l’opportunité et la faisabilité technique de la marche du 22 juillet.
Cette pause des discussions a été décidée pour attendre le retour à Kinshasa de plusieurs leaders de l’opposition. Ces derniers se trouvent actuellement en mission diplomatique au Burundi, où ils ont été invités par le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure la présidence en exercice de l’Union Africaine. Aucune décision définitive ne sera donc prise avant la fin de ces consultations régionales, maintenant le dossier de la manifestation constitutionnelle dans une phase de transition administrative.













