Kinshasa : La CNDH annonce un rapport imminent sur la manifestation de la Coalition Article 64

Par Emmanuel Medina

Alors que les tensions autour des libertés publiques restent vives à Kinshasa, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) s’apprête à lever le voile sur les zones d’ombre de la journée du 12 juin dernier. À la suite d’une réunion stratégique ce vendredi avec le nouveau gouverneur Daniel Bumba Lubaki, le président de la CNDH, Paul Nsapu, a annoncé la publication imminente d’un rapport d’enquête indépendant sur la manifestation de la Coalition Article 64 (C64). Ce document très attendu servira de crash-test pour la gouvernance de la nouvelle autorité urbaine face aux exigences de l’État de droit en République démocratique du Congo.

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) va publier dans les tout prochains jours son rapport indépendant sur la manifestation de la Coalition Article 64 du 12 juin dernier à Kinshasa.

L’annonce a été officialisée à la suite d’une audience accordée par le Gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, à une délégation de la CNDH menée par son président, Paul Nsapu. Cette rencontre de haut niveau pose les jalons d’une clarification attendue par l’opinion publique, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux de la République démocratique du Congo (RDC).

Le vendredi 3 juillet, les couloirs de l’Hôtel de Ville de Kinshasa ont servi de cadre de la redevabilité démocratique. Le face-à-face entre le premier citoyen de la ville et le patron de la CNDH a permis de briser la glace sur un sujet sécuritaire et politique sensible : la gestion des libertés publiques dans la capitale.

Selon les termes du communiqué officiel de la municipalité, l’ambiance des échanges a été constructive. Paul Nsapu a publiquement salué l’attitude du chef de l’exécutif provincial, décrivant Daniel Bumba Lubaki comme un « homme démocrate et ouvert au débat ». Cette déclaration montre une volonté partagée d’éviter la confrontation institutionnelle, privilégiant plutôt une analyse froide et objective des faits constatés sur le terrain.

Pour comprendre l’enjeu de ce futur rapport, il faut revenir aux événements du 12 juin dernier. La Coalition C64, une structure de l’opposition qui puise sa légitimité symbolique dans la disposition constitutionnelle appelant les citoyens à faire échec à toute dérive autoritaire avait appelé à manifester dans les rues de Kinshasa.

Comme souvent dans la capitale congolaise, l’exercice de ce droit constitutionnel s’est heurté aux impératifs de maintien de l’ordre public. Le rapport de la CNDH, promis pour les « tout prochains jours », est attendu au tournant pour répondre à trois questions cruciales : L’encadrement policier : Les forces de l’ordre ont-elles agi avec retenue ou y a-t-il eu un usage disproportionné de la force et des gaz lacrymogènes ?, La liberté de manifester : Les droits des militants de la Coalition C64 ont-ils été respectés en amont et pendant la marche ?, le bilan factuel : quel est le décompte exact et indépendant des interpellations, des blessés ou d’éventuels dégâts matériels ?

Pour le gouverneur Daniel Bumba Lubaki, gouverneur de la ville de Kinshasa, la gestion de cette crise et l’accueil de ce rapport indépendant représentent un premier test politique majeur. En se montrant ouvert aux conclusions d’une institution d’appui à la démocratie comme la CNDH, le gouverneur tente d’imprimer une marque de fabrique plus transparente et respectueuse des libertés fondamentales, loin des méthodes de répression systématique souvent reprochées à ses prédécesseurs.

La publication imminente de ce document sera examinée de près. Elle dira si Kinshasa s’engage réellement sur la voie de l’État de droit, ou si le dialogue de ce vendredi n’était qu’un exercice de communication politique bien huilé.

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