Par Patient MBY
L’organisation non gouvernementale Médecins sans frontières a rendu public un rapport sur le taux du VIH/SIDA chez les jeunes de moins de 25 ans à Kinshasa, en République démocratique du Congo, en marge du mois de décembre dédié entièrement à la lutte contre le SIDA.
Ce rapport révèle qu’en 2024, plus de 15 000 jeunes de moins de 25 ans ont été infectés, dont 9 000 âgés de moins de 15 ans. Le virus a été généralement contracté durant la grossesse, à l’accouchement ou à l’allaitement, suite à la « défaillance » de la Prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME), note MSF.
« Outre les défaillances de la PTME, la mise sous traitement pédiatrique reste insuffisante et l’accès au dépistage est limité : les tests ne sont pas toujours disponibles, et le dépistage volontaire est souvent payant. La loi interdit aussi aux moins de 18 ans de se faire dépister sans parent ou tuteur, et le manque d’information, même dans les écoles, est criant », a déclaré Dr Gisèle Mucinya, coordinatrice du projet VIH de MSF à Kinshasa.
À ce jour, le Centre hospitalier de Kabinda à Kinshasa enregistre 489 patients âgés de moins de 25 ans, dont 344 de moins de 18 ans. Ce nombre croît suite au manque de dépistage et de traitements précoces auxquels ces jeunes séropositifs sont confrontés.
À Kinshasa, plusieurs adolescents affectés par le VIH vivent sous « le poids de la maladie et de la stigmatisation », qui suscite « l’isolement, le découragement et, trop souvent, l’arrêt ou l’interruption de la prise des médicaments vitaux pour maintenir le virus sous contrôle, ce qui peut entraîner la mort ». Certains jeunes rencontrés par MSF témoignent avoir découvert la maladie à l’âge de 15 ans, alors que d’autres à 22 ans.
MSF a mis en place les « clubs des jeunes » pour remédier aux abandons répétitifs de traitement en offrant aux patients un espace sûr, confidentiel et convivial. Ces clubs, installés dans quatre communes de Kinshasa, sont fréquentés par 83 jeunes de 15 à 25 ans.
« L’initiative intègre aussi une dimension éducative et préventive essentielle : les jeunes y apprennent à protéger leur santé, comprendre leur traitement et réduire les risques de transmission. Les résultats sont parlants : en 2024, près de 80 % d’entre eux avaient une charge virale supprimée – contre 71 % en 2019 – preuve de l’efficacité du modèle », poursuit MSF.
En mars 2025, alors que l’administration Trump interrompait le financement de l’USAID, la RDC comptait plus de 520 000 personnes vivant avec le VIH, dont 300 000 femmes et 50 000 enfants. Des chiffres qui se sont accrus après l’interruption de l’aide américaine qui a provoqué des ruptures de stock de médicaments et entraîné la fermeture de plusieurs centres hospitaliers.













