La province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, est en proie à une nouvelle flambée de violence qui a fait des dizaines de morts et de blessés depuis deux mois. Selon un rapport de Médecins Sans Frontières (MSF), l’hôpital de Bunia, soutenu par l’organisation, est débordé par l’afflux de victimes. MSF dénonce l’ampleur de la crise et appelle à une protection accrue des civils.
Selon le document parvenu ce jeudi 04 septembre à REPORTER.CD, depuis le 27 juin, les attaques se multiplient, ciblant des civils sans défense. À Djangui, neuf personnes ont été tuées sur un site de déplacés. Fin juillet, le village de Katsu a été attaqué, blessant des civils comme Adèle, qui a reçu une balle dans le bras. Récemment, plus de 40 personnes ont été tuées dans une église à Komanda. « Il n’y avait aucun opposant contre qui se battre, il s’agissait donc d’une attaque sans fondement », se souvient Adèle.
Le rapport de MSF met en lumière le fait qu’une majorité de victimes reste sans assistance médicale, malgré des blessures physiques et psychologiques graves. Asiyat Magomedova, cheffe de mission de MSF dans la région, exhorte les groupes armés à épargner les civils. « Ce qui se passe en Ituri est inacceptable », a-t-elle déclaré.
La clinique Salama, soutenue par MSF à Bunia, est saturée par l’afflux de patients souffrant de fractures ouvertes, de blessures par balles et d’éclats d’obus. Depuis le début de l’année, 250 patients ont été pris en charge pour des blessures liées au conflit, dont 105 pour les seuls mois de juillet et août. Malgré cet effort, la plupart des blessés n’atteignent jamais les structures médicales.
Au-delà des blessures physiques, les victimes sont marquées par des traumatismes psychologiques profonds, générés par la peur constante et l’anxiété. Cette crise humanitaire est aggravée par une réduction drastique des financements des bailleurs de fonds. Plus de 1,56 million de personnes sont actuellement déplacées dans la province, dont la moitié dans le territoire de Djugu.
La dégradation de l’espace humanitaire, avec des routes fermées et des activités suspendues, rend l’accès aux soins de plus en plus difficile. Asiyat Magomedova conclut par un appel à l’action, soulignant que la protection des civils et leur accès aux soins est une obligation en temps de conflit. « Toutes les autorités et tous les groupes armés doivent urgemment y travailler, mettre fin aux exactions et garantir un accès humanitaire rapide et sans entrave », a-t-elle insisté.








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