Le Rwanda exclut un retrait militaire de la RDC tant que les FDLR ne sont pas neutralisées

Malgré les attentes exprimées par Washington, le Rwanda exclut tout retrait de ses troupes de l’est de la République démocratique du Congo tant que Kinshasa n’aura pas neutralisé les FDLR. Kigali accuse également les États-Unis d’avoir abandonné leur neutralité dans le processus de paix et dénonce des sanctions jugées injustes et unilatérales.

Par Pierre Kabakila

Le Rwanda ne retirera pas ses forces de l’est de la République démocratique du Congo avant la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), a affirmé le ministre rwandais des Affaires étrangères lors d’un entretien accordé à France 24.

Cette déclaration intervient alors que le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a récemment indiqué devant le Congrès espérer un retrait des troupes rwandaises d’ici la mi-juillet, estimant que Kigali avait commencé à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington.

Le chef de la diplomatie rwandaise a toutefois rejeté l’idée d’un ultimatum américain. Selon lui, les propos de Marco Rubio relevaient davantage d’un souhait que d’une exigence formelle. Il a soutenu que le Rwanda avait lui-même proposé un calendrier de mise en œuvre du Plan conjoint des opérations (CONOPS), destiné à répondre aux préoccupations sécuritaires entre Kigali et Kinshasa.

Aux termes de cet accord, la RDC est tenue de neutraliser les FDLR, un groupe armé considéré par le Rwanda comme une menace directe à sa sécurité. Kigali estime cependant qu’aucune avancée n’a été enregistrée sur ce volet et conditionne désormais tout retrait militaire à l’accomplissement de cet engagement par les autorités congolaises.

Le ministre a également dénoncé les sanctions imposées ces derniers mois par les États-Unis contre des responsables militaires rwandais ainsi que contre une importante raffinerie d’or du pays. Washington accuse notamment des militaires rwandais et le mouvement rebelle M23 d’avoir participé à l’acheminement d’or provenant de l’est de la RDC.

Pour Kigali, ces mesures traduisent un traitement déséquilibré du conflit. Le chef de la diplomatie rwandaise a accusé les États-Unis de désigner le Rwanda comme unique responsable de l’impasse actuelle, tout en ignorant, selon lui, les manquements de Kinshasa à ses propres engagements.

Il est allé plus loin en mettant en cause l’impartialité de Washington dans le processus de médiation. « Nous sommes déçus par la partialité de plus en plus évidente du médiateur américain », a-t-il déclaré, estimant que les États-Unis ne jouent plus le rôle de facilitateur neutre.

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