Lubumbashi : bras de fer entre écoles, couturiers et revendeurs sur la vente des uniformes à l’approche de la rentrée scolaire (REPORTAGE)

Par Patient MBY

À une semaine de la rentrée scolaire sur toute l’étendue du pays, l’engouement reste timide dans les marchés publics et les ateliers de couture de Lubumbashi. Lors d’une ronde effectuée ce samedi 23 août par la rédaction de REPORTER.CD, plusieurs maisons de couture et petites boutiques de fournitures scolaires étaient presque désertes.

Belinda, 22 ans, confectionne des uniformes dans un petit atelier installé au marché Luwowoshi, communément appelé Zambia, dans la commune Annexe. Nouvelle dans le métier qu’elle a appris à l’école, elle reconnaît que la clientèle est encore faible. « Tout le monde s’est lancé dans ce travail, du coup les clients se font rares », explique-t-elle, assise derrière sa machine Singer.

En parallèle, les écoles – principalement privées – continuent de vendre directement aux parents les uniformes, journaux de classe, pull-overs et autres objets scolaires. Une pratique qui fragilise les couturiers et les petits commerces. Mais certains artisans trouvent leur compte, comme Zefani, 33 ans, qui collabore déjà avec un promoteur d’école.

« Nous avons reçu une commande d’un directeur pour fabriquer des uniformes avec nos propres moyens. Lui les revend aux parents, puis il nous paiera après », raconte-t-il, entouré de deux élèves venues récupérer leurs tenues.

Malgré une concurrence jugée « déloyale » entre les écoles et le marché, Zefani reste confiant grâce à son expérience. « Les parents viendront acheter même après la rentrée. Vous verrez, en septembre le marché sera bondé. En deux ou trois jours, tout sera écoulé », assure-t-il.

Cette conviction est partagée par Charles Byamungu, vendeur de fournitures scolaires installé en plein soleil devant son étalage. Il reconnaît que la pratique des écoles constitue chaque année un manque à gagner pour les petits commerçants, mais il garde espoir.

« Les écoles vendent, oui, mais leurs stocks ne suffisent jamais. Elles viennent souvent compléter ici au marché. C’est mon travail, j’ai la foi que les clients viendront même après la rentrée », confie-t-il.

Pour certains parents lushois, ce retard dans les préparatifs est surtout lié aux difficultés financières. José, menuisier et père de huit enfants, rencontré dans la commune de la Ruashi, en témoigne : « Avec la situation actuelle, il est difficile de réunir tout l’argent à temps pour préparer la rentrée. »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.