À quatre jours de la marche annoncée par la coalition C64, l’opposition congolaise se prépare à un rendez-vous politique important. La manifestation est prévue le 15 septembre à Kinshasa et dans d’autres villes du pays. Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et d’autres opposants demandent aux Congolais de descendre dans la rue pour dire non à un changement de Constitution et à un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi. Ils veulent également dénoncer la guerre dans l’Est du pays et le format du dialogue annoncé par le chef de l’État.
Par Charles Muhindo
Jean-Marc Kabund appelle notamment les Congolais à se mobiliser le 15 septembre. Dans son message, il les invite à défendre la Constitution, la démocratie et l’alternance. Il associe également cette mobilisation à la situation sécuritaire dans l’Est, où les populations continuent de subir les conséquences de la guerre.
Pour l’opposition, cette journée doit permettre de mesurer sa capacité à transformer ses prises de position en mobilisation populaire. Le refus d’un changement de Constitution et d’un éventuel troisième mandat constitue l’un des principaux arguments avancés par ses responsables.
Le rendez-vous du 15 septembre intervient après deux manifestations annoncées en juillet, mais qui n’avaient finalement pas eu lieu. Les marches prévues les 8 et 22 juillet avaient été reportées dans un contexte de tensions politiques à Kinshasa. Le pouvoir avait alors multiplié les démarches pour éviter une confrontation entre les manifestants et les forces de l’ordre.
Dans l’opposition et auprès d’une partie de l’opinion, ces reports avaient été interprétés comme le signe d’une volonté du pouvoir d’éviter une forte mobilisation dans la capitale. Quatre jours avant la nouvelle échéance, l’enjeu est désormais de savoir combien de Congolais répondront effectivement à l’appel.
C’est précisément sur sa capacité de mobilisation que l’opposition sera particulièrement observée. Depuis plusieurs mois, ses responsables multiplient les déclarations contre les orientations politiques du pouvoir et appellent à des manifestations. Le 15 septembre leur offrira donc une occasion de mesurer leur capacité à mobiliser dans les rues de Kinshasa et dans d’autres villes.
Une faible participation pourrait être interprétée par le pouvoir comme le signe d’une capacité de mobilisation limitée de l’opposition. Cela pourrait également réduire la pression exercée sur les autorités dans les débats autour du dialogue, de la Constitution et de l’avenir politique du pays.
À l’inverse, une forte mobilisation à Kinshasa, accompagnée d’une participation importante dans d’autres villes, constituerait un signal politique difficile à ignorer pour le pouvoir. Elle montrerait que l’opposition conserve une capacité réelle à mobiliser une partie de la population autour de ses revendications.
Après les reports des manifestations de juillet, le 15 septembre apparaît ainsi comme une échéance majeure pour l’opposition congolaise. Au-delà des discours et des appels à la mobilisation, cette journée permettra surtout de mesurer son poids réel dans la rue et sa capacité à faire contrepoids au pouvoir de Félix Tshisekedi.













