Massacres à Beni : Denis Mukwege dénonce « une épuration identitaire et l’intolérance religieuse » perpétrées par les ADF

Le prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, s’est exprimé sur les massacres perpétrés dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai par les terroristes islamistes des Forces démocratiques alliées (ADF), contre les populations civiles à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Dans sa déclaration publiée lundi 1er juin, Mukwege a condamné ces atrocités survenues dans un contexte où, selon lui, la population est prise en étau entre la famine, la violence armée et la propagation de l’épidémie de la maladie à virus Ébola.

Par Patient MBY

Le candidat à la présidentielle de 2023 a déclaré que les exactions commises par les ADF à Ngabi et Vemba, ciblant notamment le peuple autochtone « pygmée », alors « gardiens de notre identité et de nos forêts primaires », constituent « non seulement des crimes contre notre mémoire et contre notre diversité fondatrice, mais des crimes contre l’humanité ».

Le gynécologue a également dénoncé ce qu’il perçoit comme « un projet méthodique d’épuration identitaire et d’intolérance religieuse exécuté par les terroristes ADF » contre les groupes ethniques de Beni et de l’Ituri, ainsi que les communautés chrétiennes. Mukwege fustige un plan d’anéantissement visant à déraciner les populations de leurs terres.

« Ces techniques d’extermination s’inscrivent dans les logiques d’anéantissement généralisées et systématiques depuis la première et la deuxième guerre du Congo, à partir de 1996 jusqu’à nos jours : semer la terreur, humilier les communautés et les chasser loin de leurs terres riches en ressources stratégiques au profit de réseaux prédateurs », a-t-il déclaré.

Face à ces massacres, Denis Mukwege interpelle la communauté internationale. Il dénonce la solidarité à géométrie variable et la politique de deux poids, deux mesures face aux crimes « imprescriptibles » commis en RDC, sur lesquels l’impunité continue de planer. Par ailleurs, Denis Mukwege critique vivement « la compassion hypocrite » et la « léthargie » des autorités congolaises à l’égard des CongolaAu vivant à plus de 2 000 km de la capitale, Kinshasa.

Une incursion des terroristes ADF dans la nuit du samedi au dimanche 31 mai a coûté la vie à au moins 16 personnes, dont six autochtones, parmi lesquelles un célèbre artiste comédien de cette communauté à Beni. Ces tueries ont suscité des manifestations au sein de la population, qui a protesté contre la recrudescence de l’insécurité et des attaques meurtrières des ADF. De son côté, le gouvernement congolais a condamné ces massacres et réaffirmé son engagement à protéger la population.

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