RDC : les députés nationaux examinent ce mardi les résultats de 5 ans d’état de siège dans l’Est

L’Assemblée nationale se réunit ce mardi 2 juin pour évaluer l’état de siège instauré depuis mai 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. Cette séance, qui se tiendra à huis clos, intervient dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’est de la République démocratique du Congo malgré 5 années d’application de cette mesure exceptionnelle. Plusieurs membres du gouvernement sont attendus devant les députés afin de présenter leur appréciation de la situation et de répondre aux nombreuses interrogations des élus.

Lors de son instauration, l’état de siège avait été présenté comme une thérapie à la dégradation de la situation sécuritaire dans les deux provinces. Les autorités espéraient alors renforcer les opérations militaires contre les groupes armés, restaurer l’autorité de l’État et protéger les populations civiles. Cette mesure avait conduit à la suspension de certaines prérogatives des autorités civiles au profit des responsables militaires et policiers chargés d’administrer les provinces concernées.

Cinq ans plus tard, le bilan continue toutefois de susciter le débat. Malgré les opérations menées sur le terrain, plusieurs territoires du Nord-Kivu et de l’Ituri restent confrontés aux attaques des groupes armés. Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs villages au fil des années, tandis que les massacres de civils, les enlèvements et les pillages continuent d’être signalés dans certaines zones. Cette situation nourrit les critiques de ceux qui estiment que les résultats obtenus ne correspondent pas aux attentes espérées de dans l’état de siège.

L’évaluation prévue ce mardi est d’autant plus attendue qu’elle intervient après plusieurs appels réclamant un examen sans complaisance de cette mesure. Au Parlement, de nombreux députés souhaitent disposer d’informations précises sur les avancées enregistrées, les difficultés rencontrées et les perspectives envisagées pour améliorer la sécurité dans l’Est du pays. L’objectif est également de déterminer si les moyens engagés depuis 2021 ont permis d’atteindre les objectifs fixés au départ.

Parmi les élus qui ont insisté sur la nécessité de cette évaluation figure le député national Carly Nzanzu Kasivita. Lors de précédents débats consacrés à la prorogation de l’état de siège, le gouverneur du Nord-Kivu avant l’état de siège avait plaidé pour que les ministres directement concernés viennent eux-mêmes répondre aux questions des députés. Selon lui, les représentants de la nation devaient entendre les responsables en charge de la Défense, de l’Intérieur et d’autres secteurs clés afin d’obtenir des explications complètes sur la situation sécuritaire.

Cette demande semble avoir été prise en considération. Plusieurs membres du gouvernement participeront à la séance d’évaluation, notamment les vice-premiers ministres de la Défense et de l’Intérieur, le ministre de la Justice ainsi que la ministre des Affaires sociales. Leur présence devrait permettre aux députés d’aborder plusieurs aspects liés à la gestion de l’état de siège ainsi qu’aux défis sécuritaires qui continuent de peser sur les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri.

À la veille de cette évaluation, le vice-Premier ministre de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a également été auditionné par la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale. Les députés ont notamment évoqué la menace persistante des ADF, la sécurisation des frontières du pays et les différentes stratégies mises en place pour faire face aux groupes armés qui continuent d’opérer dans l’Est de la RDC.

Les conclusions qui sortiront de cette évaluation pourraient influencer les prochaines décisions concernant l’état de siège. Pour de nombreux habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’enjeu principal reste le retour durable de la paix et de la sécurité. Après cinq années d’application de cette mesure exceptionnelle, beaucoup attendent des réponses concrètes sur son efficacité réelle et sur les solutions envisagées pour mettre fin aux violences qui continuent d’affecter leur quotidien.

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