Par Siméon Isako et Medina
L’obligation de redevabilité institutionnelle s’est matérialisée au sein de la république. Ce lundi 1ᵉʳ juin 2026, le président du Conseil Économique et Social (CES), Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a prononcé le discours de clôture solennelle de la première session ordinaire de l’année, ouverte le 2 avril dernier . Durant deux mois, les conseillers de la République ont adopté une série d’Avis stratégiques touchant au social, à l’économie et à la gouvernance environnementale du pays .
Cette session, bien que traditionnellement budgétaire, a servi de cadre à un diagnostic sans complaisance des variables structurelles de la République démocratique du Congo .
Pendant l’exercice de cette session, l’assemblée générale du CES a auditionné, examiné et formellement adopté plusieurs rapports et projets d’Avis touchant au vécu quotidien des populations .
Parmi les textes majeurs finalisés figurent : l’Avis sur le renforcement des principes de l’éthique et de la déontologie du personnel soignant en RDC, l’avis sur la gouvernance et la finalité du système éducatif, scrutant notamment les résistances techniques liées à la mise en œuvre précipitée du système LMD dans l’enseignement supérieur.
Des avis à portée sectorielle sur les enjeux socio-économiques du corridor de Lobito, la gestion du portefeuille des retraités, la redynamisation du paysannat, l’état des lieux du numérique et la gestion décentralisée des déchets .
En parallèle, quatre séances académiques ont été animées par des membres du gouvernement Suminwa et des professeurs d’université, axées sur le développement rural, la réforme foncière et la politique culturelle nationale.
L’urgence environnementale : L’eau douce élevée au rang de souveraineté nationale
Le point d’orgue du discours de clôture du président Jean-Pierre Kiwakana a concerné la gouvernance durable des ressources hydriques . Détenant environ 52% des réserves d’eau douce de surface du continent africain, la RDC fait face à un paradoxe structurel majeur, une grande partie de sa population subissant de lourdes restrictions d’accès à l’eau potable et à l’assainissement de base .
Face aux initiatives régionales de transfert des eaux du bassin du Congo vers le Lac Tchad, le CES a formulé des recommandations rigoureuses entre autres : la création urgente d’un ministère spécifiquement chargé des Ressources en Eau et de la Commission Nationale du Bassin du Congo, le renforcement des capacités scientifiques nationales par la modélisation des données hydrologiques pour appuyer la diplomatie hydrique du pays et l’adhésion formelle de la RDC à la Convention des Nations Unies sur l’eau pour consolider la défense de ses intérêts souverains .
Sur le plan macroéconomique, le CES note que les prévisions optimistes liées à la demande mondiale de cuivre pour le prochain semestre sont atténuées par une perception négative du climat des affaires et une fiscalité qui peine à s’innover. L’institution alerte sur le risque élevé d’un choc exogène lié aux tensions au Moyen-Orient .
Enfin, sur le plan de la mobilité internationale, le président du CES a révélé une mesure de restriction sanitaire stricte : les États-Unis et le Canada interdisent désormais l’entrée sur leur territoire à toute personne ayant séjourné en RDC 21 jours avant son arrivée, en raison de la résurgence de l’épidémie d’Ebola . Les matières non épuisées lors de cette session feront l’objet d’un traitement en commissions durant l’intersession, avant l’ouverture de la session d’octobre 2026.




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