Le rapport 2025 de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) peint une situation alarmante en République marquée par la dégradation de la situation des droits humains dans le pays. Le document, présenté devant l’Assemblée nationale, décrit une année particulièrement difficile, surtout dans les zones touchées par les conflits armés à l’Est du pays. Dans ces régions, les populations continuent de vivre, menacées par des groupes armés, avec des conséquences désastreuses sur leurs conditions de vie.
La CNDH indique que les violences liées aux groupes armés restent l’une des principales causes des violations enregistrées. Dans plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des attaques ont été à la base d’importantes pertes en vie humaines. Le rapport documente notamment l’exécution de 24 personnes le 5 mars 2025 à Tambi/Kaira, ainsi que 29 morts le 27 mai dans les villages de Kirumba, Kagando et Rukano, et le bombardement du camp de déplacés de Mugunga le 3 mai à Goma, ayant fait 35 morts et 37 blessés. Des villages ont été touchés, et des familles entières ont été touchées par des violences attribuées à différentes forces actives dans le conflit, dont l’AFC/M23. À cela s’ajoutent les déplacements des populations et la destruction de plusieurs infrastructures civiles qui n’a fait qu’aggraver la crise.
Le rapport évoque aussi la situation des enfants, qui sont particulièrement exposés dans ce contexte de guerre. Des cas de viols sur mineurs ont été recensés, avec 66 victimes mineures de viols prises en charge à l’hôpital de Panzi entre janvier et mai 2025, certaines âgées de seulement 10 ans. La CNDH évoque également des cas d’enrôlement forcé de jeunes, avec 280 enfants de plus de 14 ans recrutés entre mai et juin 2025 et conduits au camp de Rumangabo, utilisés dans des groupes armés et regrette que cette pratique continue de priver de nombreux enfants de leur enfance et de leur avenir.
Au-delà des groupes armés, la CNDH pointe également des abus attribués à certaines forces de sécurité. Des cas de mauvais traitements, d’arrestations arbitraires et d’exactions contre des civils sont signalés dans plusieurs provinces. La Police nationale congolaise est clairement citée dans ces constats, certains services étant aussi accusés de détentions prolongées et de pressions exercées sur des journalistes et des défenseurs des droits humains.
La situation carcérale constitue un autre point majeur dans le même rapport. Dans plusieurs prisons du pays, la surpopulation a atteint des niveaux insupportables bien au-delà des capacités prévues. À la prison de Kenge (Kwango), prévue pour 25 détenus, on en compte 205, avec 11 décès enregistrés entre janvier et juin 2025 liés à la malnutrition et au manque de soins. Une situation qui entraîne des conditions de vie difficiles avec le manque de soins. Des détenus sont alors exposés à des risques de maladie et même des décès évitables.
Toutefois, certains aspects de la situation politique et des arrestations sont peu développés dans le document. Plusieurs dossiers liés à des personnalités politiques ou à des tensions autour de figures de l’opposition sont évoqués de manière superficielle, quitte à susciter des interrogations sur le traitement complet de l’ensemble des violations recensées dans le pays en 2025.













