Médiation de l’UA à Bujumbura : Ce qui s’est dit entre Ndayishimiye, l’opposition et les évêques de la RDC

Par Emmanuel Medina

Le président de la République du Burundi et en exercice de l’union africaine Évariste Ndayishimiye a consulté l’opposition et les confessions religieuses de la RDC à Bujumbura : la manifestation de la coalition C64 reportée au 22 juillet

Un climat apaisé et constructif a marqué la journée de consultations politiques et religieuses menée ce lundi 6 juillet 2026 à Bujumbura. Le président burundais et président en exercice de l’Union africaine (UA), Évariste Ndayishimiye, a reçu individuellement, puis collectivement, les figures majeures de l’opposition congolaise ainsi que les leaders des principales confessions religieuses de la République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative diplomatique a conduit la coalition d’opposition « Article 64 » (C64) à reporter sa grande manifestation initialement prévue ce mercredi.

Le chef de l’État burundais a initié ces échanges dans le but affiché de désamorcer la crise politique, sécuritaire et institutionnelle qui fragilise la RDC. Les délégations ont été reçues successivement par groupes distincts, pour des séances de travail d’un peu moins de deux heures chacune.

L’agenda de cette journée s’est structuré de la manière suivante :Les responsables des Églises de Réveil de la RDC, conduits par l’évêque Ejiba Yamampia en première audience, après s’en est suivie la délégation de l’Église du Christ au Congo (ECC),les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) en troisième audience et les cinq membres de la coalition de l’opposition C64 à la cinquième audience

À l’issue de ces rencontres séparées, le président Évariste Ndayishimiye a réuni l’ensemble des délégations politiques et religieuses autour de son équipe pour une séance de travail élargie. Cette table ronde de synthèse, destinée à mettre en commun les différents points de vue, s’est clôturée par une photo de famille symbolique.

Interrogé par le média ACTUALITE.CD, l’un des leaders de la coalition C64 a dressé un premier bilan très favorable de cette concertation.

« Ça s’est bien passé. On a discuté. L’idée, c’est que cette situation lui tient à cœur. En tant que président en exercice de l’Union africaine, il veut contribuer à trouver une solution. Et pour lui, lorsqu’il y a des problèmes, les parties doivent se parler. Il estime que la solution passe par le dialogue », a expliqué ce membre de la coalition.

La coalition C64 qui regroupe des poids lourds de la scène politique congolaise tels que Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, et Jean-Marc Kabund a affirmé avoir accepté cette invitation officielle dans un esprit de responsabilité. Les opposants ont profité de cette tribune pour exposer avec fermeté les menaces qui pèsent, selon eux, sur la démocratie, la stabilité du pays et la préservation de l’ordre constitutionnel.

Cette médiation de l’Union africaine a eu un impact immédiat sur le calendrier des contestations à Kinshasa. La grande manifestation de la coalition C64, initialement programmée pour le mercredi 8 juillet 2026, a été officiellement reportée au mercredi 22 juillet 2026.

Pour rappel, cette mobilisation nationale prévoit des rassemblements dans plusieurs grandes villes de la RDC. À Kinshasa, le point de chute final choisi est le Palais de la Nation, qui abrite le bureau officiel du président de la République. L’objectif de ce mouvement est de protester activement contre le projet des réformes Constitutionnelles, perçu par l’opposition comme une tentative d’octroyer un nouveau mandat au président Félix Tshisekedi.

La mission de la délégation congolaise à Bujumbura touche à sa fin. Les membres de la coalition C64 et les dignitaires religieux doivent regagner ensemble la capitale congolaise dans la nuit de mardi à mercredi.

Afin de restituer les grandes lignes de leurs échanges avec le président en exercice de l’UA et de fixer les prochaines orientations politiques, la coalition C64 a d’ores et déjà annoncé la tenue d’un point de presse officiel ce jeudi à Kinshasa.

Cette démarche de médiation s’inscrit dans le prolongement de la récente visite d’État de 48 heures effectuée par Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Aux côtés de Félix Tshisekedi, le président burundais avait alors insisté sur l’urgence absolue de préserver l’unité nationale et la cohésion face à l’insécurité chronique dans l’est de la RDC, tout en saluant l’ouverture au dialogue du chef de l’État congolais.

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