Par Emmanuel Medina
Les marchés internationaux des matières premières se sont montrés ambivalents sur l’économie de la République démocratique du Congo au démarrage du troisième trimestre 2026. Selon la dernière note de conjoncture économique publiée par la Banque centrale du Congo (BCC) consultée par reporter.cd, les principales ressources exportées par le pays affichent des trajectoires opposées. Si le secteur des hydrocarbures marque le pas, les métaux précieux et stratégiques, tout comme les produits agricoles, poursuivent une trajectoire ascendante.
Le secteur des hydrocarbures congolais a enregistré une pause temporaire. Au 2 juillet 2026, le prix du baril de pétrole brut s’est établi à 71,8 dollars américains, contre 75,5 dollars une semaine plus tôt, actant un repli de 4,9 %.
D’après les analystes de la BCC, cette baisse hebdomadaire s’explique par deux facteurs majeurs : l’apaisement des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui réduit la prime de risque sur les marchés et les anticipations de hausse de l’offre mondiale de brut, rassurant les pays importateurs.
La perspective à long terme reste néanmoins positive car ce niveau de prix pour le Brent demeure en progression de 17,9 % par rapport à la fin décembre 2025, et affiche une hausse de 7,9 % en glissement annuel.
Principal poumon financier de la RDC, le secteur minier affiche une dynamique vigoureuse, portée par la transition énergétique et l’incertitude globale.
Le cuivre frôle des sommets car la tonne de métal rouge s’est négociée à 13 318,13 dollars américains, s’octroyant une légère hausse de 0,1 % en une semaine. La BCC attribue cette résistance aux tensions chroniques sur l’offre mondiale, couplées à une accélération de la production industrielle en Chine. Sur un an, le cours du cuivre affiche une progression spectaculaire de 34,6 %.
L’or confirme son statut de valeur refuge : L’once d’or a bondi de 2,7 % en une semaine pour atteindre 4 115,2 dollars américains. Ce dynamisme est soutenu par l’affaiblissement du dollar américain et la persistance des incertitudes géopolitiques mondiales. Bien que ce cours accuse un retard de 4,9 % par rapport aux sommets de fin décembre 2025, son gain annuel se chiffre à 25,2 %.
La note de la banque centrale du Congo met également en lumière une hausse généralisée des produits agricoles de grande consommation, une situation qui pourrait impacter le coût des importations alimentaires du pays. les prix du riz, du blé et du maïs affichent des hausses respectives de 37,2 %, 18,4 % et 0,1 %, tandis qu’en glissement annuel, ils progressent de 2,4 %, 11,8 % et 8,6 %.
Cette flambée des prix des céréales est principalement le fait de conditions climatiques défavorables ayant lourdement affecté les récoltes dans l’hémisphère Nord. De plus, plusieurs grands pays producteurs ont mis en place des restrictions strictes à l’exportation pour protéger leurs marchés intérieurs.
Notons que, la BCC alerte sur la forte volatilité qui continue de régner sur les marchés agricoles internationaux. Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient et les menaces de blocage dans le détroit d’Ormuz une voie de transit maritime hautement stratégique pèsent lourdement sur l’indice des prix de la FAO.
Le renchérissement du coût des carburants et la hausse du prix des engrais chimiques, dont une part majeure transite par cette région, agissent comme des multiplicateurs d’inflation. Pour la RDC, cette conjoncture contrastée impose une gestion rigoureuse des recettes minières afin de compenser le coût croissant des biens de subsistance importés.












