Peine capitale en RDC : plus de 900 détenus dans le couloir de la mort

En République démocratique du Congo, la levée du moratoire sur la peine de mort en 2024 a entraîné une forte hausse des condamnations capitales. Un rapport d’ONG révèle une explosion du nombre de détenus dans le couloir de la mort, sur fond d’inquiétudes croissantes quant aux conditions de détention et à la régularité des procédures judiciaires.

Par Pierre Kabakila

Depuis la levée du moratoire sur les exécutions capitales, la République démocratique du Congo connaît une augmentation significative des condamnations à la peine de mort, selon un rapport conjoint publié par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Ensemble contre la peine de mort, Culture pour la paix et la justice et la Coalition contre la peine de mort en RDC.

D’après cette enquête menée entre 2024 et 2025, plus de 900 détenus sont actuellement incarcérés dans le couloir de la mort. Un chiffre inédit, en nette progression par rapport aux années précédentes. À elle seule, l’année 2024 a enregistré au moins 480 condamnations à mort, contre 122 en 2023, confirmant une tendance à la hausse amorcée après la levée du moratoire.

Si aucune exécution officielle n’a été signalée à ce jour, les organisations alertent sur une détérioration des conditions de détention. Près de 300 condamnés sont regroupés dans la prison d’Angenga, un établissement isolé, vétuste et confronté à de graves pénuries d’eau et de nourriture.

Le rapport souligne également que la majorité des condamnations est prononcée par des juridictions militaires, bien que les tribunaux civils soient aussi concernés. Les ONG dénoncent par ailleurs des irrégularités dans certaines procédures judiciaires, remettant en question l’équité des procès.

Au-delà des chiffres, les auteurs du rapport s’inquiètent d’une instrumentalisation de la peine capitale, estimant que son recours croissant pourrait répondre à des logiques politiques plutôt qu’à des impératifs strictement judiciaires.

Cette évolution relance le débat sur l’usage de la peine de mort en RDC, dans un contexte sécuritaire tendu, notamment dans l’est du pays, et ravive les préoccupations des défenseurs des droits humains quant au respect des engagements internationaux de l’État congolais.

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