Ce mardi 7 avril 2026, James Swan entre officiellement en fonction comme Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RDC et chef de la MONUSCO, succédant à Bintou Keita.
Par Reporter. CD
Mais, il faut d’ores et déjà dire que sa nomination intervient dans un contexte où la mission onusienne, présente depuis 1999 au Congo, est régulièrement critiquée pour son inefficacité à mettre fin à la crise sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
Depuis sa création, comme le disait Joseph Kabila à son temps, la MONUSCO n’a jamais réussi à neutraliser aucun des nombreux groupes armés opérant dans l’Est congolais. Malgré un mandat devenu offensif à partir de 2010 et le déploiement du plus grand contingent de Casques bleus au monde, les milices se sont plutôt multipliées et ont continué à maintenir l’insécurité dans plusieurs entités du pays. L’exemple le plus emblématique reste la prise de Goma par le M23 en janvier 2025, alors même que la MONUSCO était sur place : une défaite qui a d’ailleurs accru les critiques au sein de l’opinion.
Le mandat actuel, prolongé jusqu’au 20 décembre 2026 par la résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, renforce certains aspects opérationnels et diplomatiques. La MONUSCO doit désormais surveiller le cessez-le-feu et soutenir la mise en œuvre des accords de paix de Washington et de Doha. Mais le défi reste immense : comment une mission dont le bilan est largement critiqué pourra-t-elle imposer la paix et protéger efficacement les civils ?
Pourtant, aujourd’hui, les menaces s’accentuent et, pire, se sophistiquent. Les groupes armés utilisent des drones de combat et des missiles sol-air (cas du M23 et des ADF), rendant la situation encore plus complexe. La MONUSCO est autorisée à mener des opérations offensives ciblées grâce à sa brigade d’intervention. Néanmoins, la crainte persiste que ces mesures restent insuffisantes face à des milices enracinées et à des conflits aux causes profondes multiples.
Au-delà de l’aspect militaire, la mission doit également renforcer les mécanismes judiciaires, protéger les enfants et lutter contre les violences sexuelles. Pourtant, des dizaines de milliers de Congolais vivent toujours dans des zones où les groupes armés opèrent librement, renforçant la thèse que la MONUSCO n’a pas atteint ses objectifs principaux malgré ses moyens colossaux.
James Swan hérite ainsi d’une mission extrêmement critiquée. Son rôle devra donc être celle de de tenter de conjuguer les actions militaires, diplomatiques et la protection des civils dans un contexte où la confiance de la population et la crédibilité de la MONUSCO sont remises en cause. Le plus grand travail pour lui est ainsi de démontrer que, malgré un passé très critiqué, la mission peut encore jouer un rôle positif pour la stabilité de la RDC. La question majeure est donc : y arrivera-t-il ?













