Par la rédaction
L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a vivement critiqué la conduite du procès de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il qualifie d’« occasion historique manquée » pour rompre avec la culture d’impunité qui gangrène la République Démocratique du Congo depuis son indépendance.
Selon l’ODEP, la justice congolaise a réduit ce procès à un simple débat sur la nationalité de l’ancien chef de l’État, écartant ainsi les crimes politiques, économiques et humains pourtant bien documentés. De plus, plusieurs irrégularités auraient entaché la procédure, notamment la violation de la loi qui confère uniquement au Congrès le pouvoir d’autoriser des poursuites contre un ancien président.
Une impunité ancrée dans l’histoire politique
L’organisation rappelle que depuis l’assassinat de Patrice Lumumba sous Joseph Kasa-Vubu, en passant par les crimes de l’ère Mobutu, les massacres du Katanga orchestrés par Gabriel Kyungu wa Kumwanza, jusqu’à la « Révolution-Pardon » de 1997 sous Laurent-Désiré Kabila, la RDC n’a jamais réussi à établir une justice impartiale. Cette continuité de l’impunité aurait, selon l’ODEP, favorisé le recyclage des responsables politiques et militaires impliqués dans de graves violations des droits humains.
Pour une justice exemplaire et indépendante
Pour rompre avec ce cycle, l’ODEP propose la mise en place d’une justice « exemplaire et impartiale », reposant sur des faits documentés et visant non seulement les principaux responsables mais aussi leurs complices. L’organisation recommande également l’instauration d’un audit indépendant et systématique à la fin de chaque mandat présidentiel, placé sous la tutelle de la Cour constitutionnelle.
Par ailleurs, l’ODEP insiste sur l’urgence d’abroger la loi portant statut et protection des anciens chefs d’État, qui consacre de fait leur impunité et les place au-dessus de la loi.
Un appel à la transparence et à la redevabilité
Pour Florimond Muteba Tshitenge, président du conseil d’administration de l’ODEP, seule une volonté ferme de transparence et de redevabilité permettra à la RDC de bâtir enfin un véritable État de droit.
« Le procès de Joseph Kabila a été une occasion manquée de marquer l’histoire par un jugement exemplaire. En l’état, il n’a fait que renforcer la culture de l’impunité héritée de la Révolution-Pardon de 1997 », regrette l’ODEP dans son communiqué.













