Trois ans après son arrestation très médiatisée, le procès de François Beya, ex-conseiller spécial en sécurité du président Félix Tshisekedi, semble s’acheminer vers son épilogue. Longtemps présenté comme une figure-clé de l’appareil sécuritaire congolais, Beya a été poursuivi pour « complot contre la vie ou la personne du chef de l’État » et « outrage » au président. Aujourd’hui installé en France, où il a été évacué pour raisons de santé depuis 2022, il n’a pas assisté à la dernière phase de son procès, au cours duquel le ministère public a demandé une peine d’un an de prison, dont six mois avec sursis, rapporte la radio France Internationale (RFI).
Ce réquisitoire, inattendu par sa clémence, a surpris plus d’un observateur. Alors que le procureur militaire s’était montré particulièrement rigide au fil de l’enquête, il a invoqué cette fois l’âge avancé de l’accusé et son état de santé pour justifier la peine légère. Une posture qui tranche radicalement avec le ton des premières audiences et laisse entrevoir, selon plusieurs analystes judiciaires, un possible acquittement pur et simple, d’autant que les cinq prévenus – dont trois officiers et un proche collaborateur de Beya – sont tous en liberté provisoire depuis plusieurs mois.
Du côté de la défense, le camp Beya n’entend pas se satisfaire d’une simple réduction de peine. Les avocats rejettent catégoriquement les charges et demandent un acquittement total. Pour Me Jeanot Bukoko, qui coordonne leur collectif, aucune infraction n’est prouvée. Il estime même que son client a été la cible d’un règlement de comptes politique, dans un contexte tendu où la lutte pour le contrôle des cercles sécuritaires à Kinshasa reste intense.
Reste à savoir si le tribunal militaire suivra la ligne de l’accusation ou celle de la défense. La sentence attendue marquera en tout cas un tournant symbolique : soit elle referme un chapitre sensible de la présidence Tshisekedi avec une sortie apaisée, soit elle relance les interrogations sur la politisation de la justice militaire en RDC. Le verdict est attendu dans les prochains jours, au terme des plaidoiries finales prévues ce jeudi.












